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Ces gars qui ont peur du médecin Pam Harrison La plupart des femmes connaissent des hommes — en tout cas moi j’en connais un — qui fuient les médecins comme la peste. C’est le cas de ce retraité torontois très actif, qui aura bientôt 66 ans. En dépit d’une fausse alerte de cancer de la prostate et d’un anévrisme, cet homme est convaincu qu’aussi longtemps qu’il fera du vélo assidûment, s’adonnera à la natation régulièrement et marchera le plus souvent possible, il a toutes les chances de dépasser l’espérance de vie moyenne des hommes canadiens. « Je me sens bien, dit-il, alors pourquoi irais-je croupir dans la salle d’attente d’un médecin quand il n’y a rien qui cloche ? » « Ils sont nombreux ces hommes qui fuient les médecins », nous confirme le Dr John Oliffe, professeur adjoint en nursing à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver. « Si un homme se sent bien dans ses activités quotidiennes, cela prouve généralement que tout est normal du côté de la santé. Alors pourquoi diable devrait-il subir un examen médical ? » Une des raisons pour lesquelles les hommes boudent les médecins remonte aux origines de l’évolution. Selon le Dr Jerome H. Barkow, anthropologue à l’Université Dalhousie à Halifax, les compétitions chez nos ancêtres mâles étaient plus intenses et violentes qu’entre leurs compagnes, les femmes, et la réputation d’une victoire jouait un rôle crucial dans le succès de la reproduction. « Il ne faut donc pas s’étonner que les hommes usent de prudence face aux comportements qui pourraient entacher leur réputation de gagnants », d’expliquer le Dr Barkow, qui ajoute : « Se plaindre de sa santé n’est surtout pas le signe d’un gagnant ». Le Dr Charles Mather, anthropologue à l’Université de Calgary, appuie cette hypothèse. « Les mâles de certaines espèces animales, dont l’être humain, adoptent des comportements à risque parce que cela les rend plus séduisants auprès des compagnes potentielles. « Les femmes perçoivent comme supérieurs les hommes qui prennent des risques et les choisissent de préférence à ceux qui sont plus « faibles ». Dans un tel contexte, l’attitude téméraire adoptée par certains hommes à l’égard de leur santé représente simplement une autre forme de risque. Selon John Oliffe, l’homme qui va chez le médecin n’est pas conforme aux stéréotypes naturels modernes de la virilité parce que l’interaction suppose que l’on admet la faiblesse, la soumission et, implicitement, la demande d’aide. L’évolution et la culture mises à part, que pouvez-vous faire pour libérer l’homme de votre vie de sa hantise des médecins ? Voici quatre stratégies qui vous aideront dans vos démarches :
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