|
|
Ayez votre cœur... à cœur ! Michele Sponagle À 42 ans, Jim Slotek se croyait en bonne santé, jusqu’au jour où durant un match de squash matinal il a été terrassé par une crise cardiaque. L’alarme venait de sonner pour le journaliste torontois, qui a changé radicalement son mode de vie. Aujourd’hui, Monsieur Slotek a 15 kilos en moins et court entre 32 et 40 kilomètres par semaine. Il a cessé de fumer et appris à gérer le stress que représente la vie professionnelle d’un homme aux prises avec des dates de tombée. Cinq ans après sa crise cardiaque, Jim Slotek se porte mieux et son cœur aussi. Au Canada, plus de 90 % des crises cardiaques sont le résultat d’une maladie coronarienne, un problème attribuable au rétrécissement des vaisseaux coronaires par des dépôts graisseux composés majoritairement de cholestérol. Cette maladie, appelée athérosclérose, entrave le passage du sang, des nutriments et de l’oxygène acheminés au cœur et conduit à l’angine (douleur à la poitrine) et à la crise cardiaque, laquelle peut endommager le muscle cardiaque. Cette plaque graisseuse peut aussi entraîner le coincement de caillots dans les artères, empêchant ainsi le sang de se rendre au cœur. Heureusement, aucune maladie cardiaque n’est plus facile à prévenir que la maladie coronarienne et, de plus en plus, les recherches démontrent les effets positifs d’un mode de vie sain sur le cœur. Selon une étude de l’Institut de recherche en santé du Canada, en modifiant ses habitudes de vie, on peut réduire de 80 % les risques de crise cardiaque. La maladie coronarienne a déjà été considérée comme la maladie des hommes. Il est vrai que ceux-ci sont plus susceptibles de développer des problèmes cardiaques tôt dans leur vie, mais les femmes sont en train de les rattraper. Chez la femme, les risques de crise cardiaque sont quatre fois plus élevées après la ménopause, et plus jeune est la femme au moment de la crise, plus grands sont ses risques d’y succomber. Bref, les adultes des deux sexes doivent prendre soin de leur cœur. Voici dix moyens d’y parvenir : 1. Vivre sans fumée « Arrêter de fumer est la meilleure chose que vous puissiez faire pour votre cœur », affirme le Dr George Honos, porte-parole de la Fondation des maladies du cœur du Canada et directeur du service de la cardiologie non effractive à l’Hôpital général juif de Montréal. La cigarette dérobe au cœur son oxygène en accélérant la formation de dépôts de plaque sur la paroi des artères. Afin de compenser pour le rétrécissement et le manque d’élasticité des artères, le cœur doit travailler plus fort et pomper plus vite. Fumer affecte la capacité des vaisseaux sanguins de produire les substances chimiques non adhérentes permettant la fragmentation des caillots, révèle une étude de l’Université d’Édimbourg en Écosse.
2. Exercer son droit à la santé Le manque d’exercice est, de loin, le facteur qui contribue le plus à l’apparition de la maladie cardiaque. En comparaison des personnes sédentaires, celles qui sont actives courent deux fois moins de risques de développer une maladie coronarienne et sont de 35 % à 50 % moins sujets à l’hypertension, un facteur de risque de la maladie cardiaque. L’exercice peut abaisser le cholestérol LDL (le mauvais cholestérol contenu dans les lipoprotéines de basse densité qui obstruent les artères), tout en augmentant le cholestérol HDL (le bon cholestérol transporté par les lipoprotéines de haute densité), qui a la propriété d’éliminer le cholestérol LDL. L’exercice peut aussi rendre le cœur plus robuste et efficace dans son travail et vous aider à maintenir un poids santé et une meilleure pression sanguine. La Fondation des maladies du cœur recommande une activité physique quotidienne de 30 à 45 minutes par jour, de préférence sept jours sur sept.
3. La graisse abdominale : à bannir à tout prix Nous devrions tous tendre vers un poids santé, mais il n’est pas suffisant d’être dans la norme. « Il ne faut pas vous attarder uniquement au poids total de votre corps, mais aussi à l’endroit où les graisses se déposent », d’expliquer George Honos. Les gens qui ont un corps en forme de pomme, c’est-à-dire avec un amas de graisse au ventre, sont davantage susceptibles de souffrir d’une maladie cardiaque que ceux ayant un corps en forme de poire. Les gens en forme de pomme ont plus de graisse viscérale, stockée en profondeur dans le corps, qui libère des substances chimiques potentiellement nocives pour la santé. Et parce qu’elle est logée dans l’abdomen, cette graisse déverse plus facilement ses toxines dans le sang. La bonne nouvelle : la graisse abdominale répond bien aux efforts que l’on met pour la réduire. Une étude à cet effet a démontré qu’une perte de poids totale de 15 % entraîne une baisse de 41 % de la graisse viscérale. C’est tout dire !
4. La pression sous surveillance Une pression sanguine élevée (hypertension) complique la tâche de votre cœur qui déjà travaille fort. Elle peut entraîner l’épaississement et le durcissement du muscle cardiaque et endommager la tunique interne des artères, qui avec le vieillissement perdent rapidement de leur élasticité et ont plus de difficulté à transporter jusqu’aux organes, dont le cœur, le sang dont ils ont besoin. Abaisser la pression sanguine à un niveau acceptable peut réduire les risques de crise cardiaque de 20 % à 25 % en moyenne. Malheureusement, selon le Dr Campbell, professeur en médecine à Université de Calgary, 42 % des gens souffrant d’hypertension ignorent qu’ils en sont atteints. Il recommande donc à tous les adultes de faire vérifier leur pression sanguine au moins tous les deux ans.
5. Bien manger, c’est bon pour le cœur Quand il s’agit de gérer son taux de cholestérol, son poids et sa pression sanguine, toutes les voies convergent vers le même point : une bonne alimentation. Il est important de consommer des aliments riches en fibres et faibles en cholestérol, par exemple les grains entiers, les légumineuses, les noix et les graines. « Les poissons à chair foncée, comme le saumon et les sardines, contiennent de grandes quantités d’acides gras oméga-3 qui protègent le cœur », de dire la diététiste de Montréal Louise Lambert-Lagacé. Consommez moins d’aliments renfermant des gras saturés (comme le beurre, la crème, les viandes rouges grasses, les hot-dogs, le bacon et le fromage), car ceux-ci font augmenter le taux de LDL. Évitez aussi les aliments contenant des gras trans, comme la margarine hydrogénée, les shortenings, les frites commerciales, les pâtisseries, les grignotines, de même que le poisson et le poulet panés. Les gras trans non seulement augmentent le taux de LDL, mais en plus ils réduisent le taux de HDL. Mangez des fruits et des légumes en quantité, car ils sont riches en vitamines et en minéraux indispensables à la santé, en plus de contenir des fibres et des antioxydants complexes qui protègent le cœur et les vaisseaux sanguins contre ces moléculaires réactives, appelées radicaux libres de l’oxygène. Seulement 25 % des Canadiens consomment les portions de fruits et de légumes recommandées, soit cinq à dix par jour. N’abusez pas du sel, car il provoque la rétention d’eau par l’organisme, ce qui favorise l’augmentation du volume sanguin, si bien que le cœur a plus de difficulté à pomper. Et attention : ne prenez pas plus d’un ou deux verres d’alcool par jour. Trop d’alcool a pour effet de hausser la pression sanguine, le poids et les acides gras dans le sang, connus sous le nom de triglycérides, ce qui pourrait augmenter les risques de maladies coronariennes. 6. Attention au diabète Plus de 80 % des gens souffrant de diabète meurent des suites d’une crise cardiaque ou d’un accident cérébrovasculaire. Pour sa part, la femme diabétique court trois fois plus de risques que les autres de faire une crise cardiaque. Le taux de glycémie, élevé en permanence chez les diabétiques, endommage les artères et les petits vaisseaux sanguins et accélère l’apparition de l’athérosclérose. Si vous êtes déjà diabétique, efforcez-vous de réduire les autres facteurs de risque : tabagisme, sédentarité, pression sanguine élevée, excès de poids et hypercholestérolémie. Soumettez-vous à un test de diabète tous les trois mois et à un examen général annuel. Si vous n’êtes pas diabétique, mais êtes âgé de 40 ans ou plus, faites vérifier votre taux de glycémie dès maintenant et tous les trois ans par la suite, en particulier si votre indice de masse corporelle est élevé, si vous souffrez d’hypertension, si votre taux de cholestérol est élevé ou si des membres de votre famille sont diabétiques. 7. Apprenez à gérer le stress ou la dépression « Il arrive que les gens soumis à un grand stress aient un taux de cholestérol et une pression sanguine plus élevés que la moyenne », d’affirmer George Honos. On décèle aussi parfois, chez ces personnes, un nombre plus élevé de plaquettes sanguines, ce qui peut favoriser la formation de caillots occlusifs. « Il est difficile d’éviter le stress; l’important est de savoir le gérer », explique le cardiologue. Pour soulager le stress, le Dr Honos recommande l’exercice physique, la méditation et des loisirs relaxants, comme le jardinage. Il est prouvé aussi que la présence d’animaux domestiques aide les gens à mieux gérer leur stress et même à abaisser leur pression artérielle. La dépression est aussi un phénomène qu’il ne faut pas négliger. Des études sur les patients victimes de crise cardiaque révèlent que 30 % à 40 % d’entre eux auraient manifesté des signes de dépression majeure ou mineure avant la crise. Il faut savoir en effet qu’après une crise cardiaque, les patients déprimés présentent trois à quatre fois plus de risques de récidive. Il est sage aussi de surveiller son humeur, car selon une étude, les risques de faire une crise cardiaque sont deux fois plus élevés chez les gens qui ont vécu un épisode de colère modérée ou intense dans les deux heures précédant la crise. 8. Le coeur aime le sommeil réparateur Selon une étude dirigée par le Dr Michael Sole, cardiologue à Toronto, le cœur profite des heures de sommeil pour réparer ou entretenir le travail qui le préparera à un rendement optimal. Les gens privés de sommeil sont plus à risque de développer une maladie cardiaque et le sang révèle la présence d’une substance inflammatoire appelée protéine C réactive, un indicateur de risque de crise cardiaque. Les experts recommandent sept à huit heures de sommeil pour les hommes et six à sept heures pour les femmes. 9. Pour les personnes à risque : l’aspirine Si vos antécédents familiaux et d’autres facteurs font de vous une personne à haut risque, une dose quotidienne d’acide acétylsalicylique (ayant pour nom de marque Aspirine) pourrait vous aider à prévenir une crise cardiaque. Une étude récente révèle une réduction de 32 % de l’incidence de crise cardiaque chez les hommes prenant de l’aspirine, mais les effets sont moins concluants chez les femmes, dont la baisse est de seulement 17 %. L’aspirine a cependant ses effets indésirables chez certaines personnes, comme des maux d’estomac et des saignements, il est donc recommandé de consulter son médecin avant de l’utiliser. 10. Votre santé cardiaque, c’est aussi celle de vos dents La brosse à dents et la soie dentaire étant peu coûteuses, nul besoin de s’arracher le cœur pour s’en procurer. Une étude réalisée auprès de Canadiens de 36 à 69 ans a démontré que les personnes atteintes d’une grave maladie des gencives, connue sous le nom de maladie parodontale, étaient trois à sept fois plus susceptibles de souffrir d’une crise cardiaque mortelle. Les bactéries buccales qui pénètrent dans le sang peuvent envahir le cœur et les chercheurs croient que celles-ci peuvent favoriser une inflammation dommageable pour les artères et contribuer à la formation de caillots en s’agglutinant aux dépôts graisseux qui tapissent les artères. |
