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Les échelles de croissance pour bébés Un outil parmi d’autres pour évaluer leur développement Diane Peters Dans les premiers mois de la vie d’un enfant, surtout, la taille et le poids sont deux critères importants de santé et de développement. Parfois, le médecin vous montrera une ligne sur un graphique pour vous indiquer la croissance de votre bébé. Pourtant, la plupart du temps, vous quittez son bureau un peu confuse, avec en tête un centile que vous ne comprenez pas. « Le centile est comme une note dans un bulletin scolaire », de dire Cheryl Armistead, infirmière en milieu communautaire à Montréal. Si votre enfant est, disons, au 50e centile pour son poids, cela veut simplement dire que sur 100 enfants du même âge, 50 sont moins lourds et 50 sont plus lourds que lui. Cela n’est pas une indication que votre enfant ne se développe pas assez vite, comparativement à un autre se situant au 70e centile. Un enfant sous le 3e centile peut avoir un poids insuffisant comparativement à la norme pour sa taille et son âge, tandis qu’un autre se situant au-dessus du 97e centile peut avoir un poids trop élevé. « Si votre enfant est sous le 3e centile ou au-dessus du 97e, vous devriez demander s’il y a une cause connue à son état », d’expliquer Cheryl Armistead. Bien que la taille seule n’indique pas nécessairement un problème, il pourrait s’agir d’un avertissement pouvant susciter des questions ou une investigation en vue d’un diagnostic. Par exemple, un enfant dont le poids est trop élevé peut présenter un risque d’obésité, avec tous les problèmes que cela implique sur le plan de la santé et sur le plan social. Le médecin pourrait alors demander à la mère si elle donne le sein ou la bouteille à son enfant dans le seul but de le nourrir, ou si elle le fait aussi pour l’apaiser ou l’empêcher de pleurer. Les bébés de petit poids font l’objet d’encore plus d’attention de la part des médecins, car un poids insuffisant peut être aussi le signe d’un problème d’alimentation, ou encore d’un désordre génétique ou d’un trouble de croissance. Mais c’est le bon sens qui guide généralement les médecins. Par exemple, l’enfant né d’une mère extrêmement grande ou diabétique sera généralement plus grand. Un prématuré, un jumeau ou un enfant dont les parents sont de petite taille se situera logiquement dans la partie inférieure de l’échelle de croissance. Ce qui est plus inquiétant, ce sont les gros bébés et les petits bébés qui dévient de leur trajectoire normale de croissance. Ainsi, l’enfant qui passe rapidement du 50e au 30e centile retiendra à coup sûr l’attention du médecin. Nouvelles normes de croissance Les nouvelles échelles de croissance de l’Organisation mondiale de la santé, publiées l’an dernier, ont été établies à partir de données recueillies dans six pays différents auprès de 8 440 enfants, dont un grand nombre ont fait l’objet de bons soins prénataux et postnataux et qui ont tous été nourris au sein et vaccinés. Ces enfants ont suivi le rythme de croissance d’enfants nourris au sein, lesquels ont tendance à grossir rapidement dans les premiers mois mais à amincir vers le sixième mois, tout en devenant plus grands que les bébés nourris à la bouteille. Selon ces nouvelles normes, les enfants sont plus nombreux à être classifiés sous le poids standard entre les trois et six premiers mois de leur vie, en particulier ceux qui sont nourris à la bouteille. Mais après cette période, les bébés et les tout-petits se retrouvent en plus grand nombre dans les centiles supérieurs pour le poids et inférieurs pour la taille. À noter que, présentement, la plupart des médecins utilisent encore les anciennes échelles de croissance établies en fonction des bébés américains nourris à la bouteille. « Gardez toujours à l’esprit que l’échelle de croissance n’est qu’un outil parmi bien d’autres pour évaluer le développement de l’enfant, conclut Cheryl Amistead, et qu’il ne faut jamais utiliser ses résultats hors contexte. » |
