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Inverse la gingivite en 4 semaines

Arrêter de fumer pour de bon!
Écraser définitivement peut nécessiter plusieurs essais, mais des milliers de Canadiens y sont parvenus  

Lucie Turgeon

Se libérer du tabac est une démarche difficile pour la plupart des fumeurs, mais quand on a du soutien et les moyens appropriés, c’est beaucoup plus facile. La preuve : des milliers de Canadiens y sont parvenus ! L’important est d’être déterminé à cesser de fumer et de persévérer, car l’abandon définitif de la cigarette peut nécessiter plusieurs essais.

France Savard, une Longueuilloise de 43 ans, chef de produits des soins de la peau chez Christian Dior à Laval, en sait quelque chose puisqu’elle a tenté à deux reprises de renoncer à la cigarette. La première tentative n’a pas duré longtemps. Elle s’est en effet vite remise à fumer car elle a trouvé cela trop ardu. La seconde tentative a toutefois été un succès puisque France Savard ne fume plus depuis quatre ans. Il faut dire qu’à l’époque, elle était très motivée parce qu’elle en avait assez de l’odeur nauséabonde qui imprégnait ses cheveux, ses vêtements et sa voiture, de ses quintes de toux à l’heure du coucher et des restrictions imposées aux fumeurs, qui la forçaient à en griller une à des moments non prévus à son horaire : juste avant d’arriver au bureau ou d’entrer en réunion, par exemple.

Be a Quitter!
Photo: masterfile

Comme la première fois, elle pensait qu’elle n’avait pas besoin d’aide pharmacologique puisqu’elle ne fumait qu’un demi-paquet de cigarettes par jour. Elle s’est cependant vite rendue compte qu’elle était beaucoup plus accro qu’elle ne le pensait. « Les premiers jours ont été très pénibles — je ne dormais pas, j’avais des palpitations cardiaques et j’étais d’une humeur exécrable — au point que mon conjoint était prêt à m’acheter lui-même un paquet de cigarettes. » À bout de nerfs, France Savard s’est finalement procurée des timbres de nicotine et quelques aides-sommeil en vente libre. La suite a été beaucoup plus facile et elle est aujourd’hui très contente d’avoir réussi à se libérer de l’emprise du tabac.

Des effets néfastes importants

La première étape, lorsqu’on veut arrêter de fumer, consiste à connaître à fond la nature du tabagisme. Connaître le véritable visage de la cigarette augmente en effet la motivation à cesser de fumer. « Au Canada, le tabagisme est la principale cause modifiable de maladies et de décès prématurés, » affirme le Dr Chantal Lacroix, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de Montréal.

Il est en effet responsable de 47 600 décès par année au Canada. Ceci s’explique par le fait que la fumée de tabac inhalée par les fumeurs contient 4 000 substances toxiques dont une cinquantaine reconnues pour causer des cancers. Comme ces substances ont des effets sur plusieurs organes du corps, on associe à la consommation de tabac 85 % des cancers du poumon, 85 % des maladies pulmonaires obstructives chroniques, telles que l’emphysème et la bronchite chronique, 30 % de tous les cancers et de 25 % à 30 % des maladies cardiovasculaires. « En gros, on peut dire que la moitié des fumeurs vont mourir d’une maladie causée par le tabac et perdre en moyenne 10 ans d’espérance de vie », de dire Chantal Lacroix.

Un nouveau médicament, la varénicline (Champix), aide les gens à cesser de fumer en bloquant l’accès de la nicotine aux récepteurs du cerveau.

De façon spécifique, chez l’homme, le tabac augmente les risques de problèmes de fertilité et d’impuissance. Chez la femme, il est lié au cancer du col de l’utérus, à la ménopause précoce, à une densité osseuse inférieure, à l’infertilité, aux complications pendant la grossesse (décollement prématuré du placenta, avortement spontané et accouchement prématuré) ainsi qu’à un poids de naissance inférieur chez le nouveau-né. Le tabac est aussi associé à la répartition masculine des graisses (dépôt abdominal).

« Mais la bonne nouvelle, c’est que quels que soient l’âge et l’état de santé, il est toujours bénéfique de cesser de fumer. Dès la cessation, les risques pour la santé diminuent et ils continuent de diminuer à mesure que l’abstinence se prolonge même si on a fumé pendant 50 ans », précise le Dr Lacroix.

PERDRE L’HABITUDE DE FUMER : UN GAIN ÉNORME POUR LA SANTÉ !

20 minutes plus tard
8 heures

24 heures

48 heures

72 heures

La pression sanguine et le pouls reviennent à la normale.

La nicotine et le monoxyde de carbone dans le sang diminuent de moitié et le taux d’oxygène revient à la normale.

Le corps a éliminé tout le monoxyde de carbone et les poumons commencent à évacuer le mucus et autres débris provenant de la cigarette.

Il n’y a plus de trace de nicotine dans l’organisme; le goût et l’odorat sont grandement améliorés.

La respiration est meilleure, les bronches commencent à se détendre et l’énergie augmente.

2 à 12 semaines plus tard

3 à 9 semaines

1 an
10 ans

15 ans

La circulation s’améliore; il devient plus facile de marcher et de monter les escaliers.

La toux et les sifflements diminuent et le souffle est moins court parce que les fonctions pulmonaires se sont améliorées.

Les risques de crise cardiaque sont réduits la moitié par rapport à ceux d’un fumeur (à 5 ans, les risques d’accident vasculaire cérébral sont ceux de quelqu’un qui n’a jamais fumé).

Les risques de cancer du poumon chutent de moitié et ceux associés au cancer de la bouche, de l’œsophage et de la vessie sont réduits.

Les risques de crise cardiaque sont les mêmes que ceux de quelqu’un qui n’a jamais fumé.

Une véritable toxicomanie !

Contrairement à ce que bien des gens pensent, le tabagisme est une toxicomanie au même titre que la dépendance à la cocaïne ou à l’alcool. « Lorsque le fumeur inhale la fumée de cigarette, explique Chantal Lacroix, la nicotine se rend au cerveau en environ 10 secondes, libérant des neurotransmetteurs (la dopamine et la norépinéphrine, par exemple), ce qui entraîne : une sensation de plaisir, une hausse d’énergie, une relaxation musculaire, une augmentation de la concentration et une amélioration de l’humeur. » Cet effet rapide et agréable entraîne une dépendance très forte chez le fumeur. Cela explique en partie pourquoi il est si difficile de cesser de fumer. Privé de sa cigarette, le fumeur se sent mal et éprouve des symptômes de sevrage qui le poussent à fumer.

Outre cette dépendance physique et l’inconfort provoqué par le sevrage, il existe d’autres raisons pour lesquelles l’abandon du tabac est un défi de taille. « Pour la plupart des fumeurs, poursuit le Dr Lacroix, fumer est une habitude. La personne qui fume un paquet par jour, par exemple, fait le geste de porter la cigarette à sa bouche environ 90 000 fois par année. Il n’est donc pas facile de briser cette habitude. »

Des études ont démontré que le tabagisme est un facteur de risques de douleurs dans le bas du dos (même chez les adolescents qui ont peu fumé), parce que la cigarette réduit la circulation sanguine dans les tissus du dos.

De plus, la cigarette est associée à l’aspect social de la vie des fumeurs. Ils fument avec les amis, en prenant un verre de vin, après le repas, durant la pause-café. La cigarette est aussi liée aux émotions. Le fumeur qui s’ennuie, qui est triste, en colère ou stressé aura envie d’une cigarette pour se calmer. « Enfin, certaines personnes peuvent avoir de la difficulté à cesser de fumer parce qu’elles ont peur de prendre du poids. »

Une bonne préparation

Selon Chantal Lacroix, il n’y a pas vraiment de moment idéal pour arrêter de fumer. « Il faut être motivé, bien se préparer et avoir du soutien. Voilà ce qui est vraiment important. Il est notamment utile de réfléchir aux raisons pour lesquelles on veut arrêter de fumer, aux situations qui déclenchent notre envie de fumer et aux moyens qui pourraient nous aider à perdre cette habitude. » Il est en effet bon de modifier les comportements associés au tabagisme. Par exemple, le fait de se lever rapidement de table après le repas ou de téléphoner debout. Il est également utile de se fixer une date à partir de laquelle on prévoit cesser complètement de fumer afin de se motiver à passer à l’action. « Sinon, on risque de reporter l’échéance pendant des années. » Plusieurs méthodes sont aussi reconnues pour augmenter le taux de réussite, poursuit le Dr Lacroix. « Il est entre autres prouvé que la médication pour cesser de fumer double les chances de succès. Ces aides pharmacologiques sont les timbres transdermiques, les gommes et l’inhalateur de nicotine ainsi que le médicament bupropion (Zyban). »

Cesser de fumer : de l’aide existe !

Les timbres, les gommes et l’inhalateur de nicotine habituent graduellement l’organisme à vivre sans nicotine, en plus d’atténuer les symptômes de sevrage, comme l’irritabilité, la frustration, l’anxiété, l’agitation et le goût de fumer. Le bupropion est, quant à lui, un antidépresseur qui agit sur certaines substances dans le cerveau, plus précisément sur certains neurotransmetteurs, ce qui diminue le goût de fumer.

« Le soutien d’un professionnel de la santé — médecin, pharmacien ou intervenant dans un Centre d’abandon du tabagisme — accroît aussi le taux de réussite. De même, le soutien d’un proche, d’un ami ou d’un collègue de travail peut augmenter les chances de succès », explique Chantal Lacroix.

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Photo: masterfile

Selon une étude de l’Université Brown, les exercices intensifs aident les femmes, à court et long terme, à cesser de fumer. L’amélioration de l’humeur et la peur, moins grande, de prendre du poids y seraient peut-être pour quelque chose.

Surtout, ne pas se décourager !

Chantal Lacroix insiste sur le fait qu’il faut persévérer malgré les rechutes.

« La plupart des fumeurs doivent s’y prendre à plusieurs reprises avant de réussir à écraser définitivement. L’important c’est de persévérer en se servant de l’expérience acquise lors des arrêts et rechutes antérieurs et en trouvant de nouvelles stratégies. »

Comment ensuite rester non-fumeur pour de bon ? « Il faut être fier d’avoir réussi, se féliciter et se récompenser », explique le Dr Lacroix. Il faut aussi être vigilant toute sa vie et ne pas croire qu’après un certain temps on peut griller une cigarette à l’occasion.

« Je connias plusieurs personnes qui ont recommencé à fumer de cette façon. Être libérée de cet esclavage est un grand bonheur dans ma vie. Je le souhaite à tout le monde », de conclure France Savard.
 
Pour plus de renseignements, consultez  la section Vie saine du site de Santé Canada, www.hc-sc.gc.ca. Cliquez sur la rubrique Tabagisme.


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