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Inverse la gingivite en 4 semaines

Atchoum !
C'est l'hiver, et vous avez une vilaine infection des voies respiratoires. S'agit-il simplement d'un mauvais rhume, ou avez-vous attrapé la grippe ?

Diana Swift

Tousser, moucher, éternuer... voilà ce qu’il en coûte de contracter une infection virale des voies respiratoires. Cet hiver, beaucoup de Canadiens en souffriront, mais comment savoir s’il s’agit d’un rhume ou de son cousin plus virulent, l’influenza, et quels médicaments sans ordonnance peuvent en soulager les symptômes ?

Le rhume

LA CAUSE

Plus de 200 virus peuvent être à l’origine du rhume. Il s’agit le plus souvent d’un rhinovirus (virus nasal) — il en existe plus d’une centaine — mais cela peut être aussi un adénovirus ou un coronavirus (le SRAS est un nouveau coronavirus). Les virus responsables du rhume sont si nombreux qu’on ne voit pas le jour où l’on mettra au point un vaccin unique pour les combattre tous, explique le Dr Karl Weiss, professeur adjoint de médecine clinique à l’Université de Montréal. « La plupart du temps, le rhume est un mal bénin qui se résorbe par lui-même. Alors pourquoi investir du temps, de l’argent et de l’énergie dans une infection qui ne représente pas une menace sérieuse pour la santé ? »


Illustration: Sandy Nichols

LES SYMPTÔMES

Ceux-ci apparaissent souvent de façon progressive. On remarque d’abord un écoulement nasal et une congestion du nez et des sinus qui affecte souvent la parole (« je crois que j’ai adrabé un rhube »). Ces symptômes peuvent être accompagnés de plusieurs autres : éternuements, larmoiement, maux de gorge, de tête et d’oreilles, enrouement de la voix, toux sèche, et aussi, parfois, de la fièvre ou une fatigue légères. Généralement, les gens enrhumés fonctionnent à peu près normalement et leur appétit n’est pratiquement pas affecté, malgré une capacité moindre à goûter les aliments. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent d’eux-mêmes en moins de sept jours.

La grippe

LA CAUSE

La grippe, ou influenza, est une infection virale des voies respiratoires. (Une grippe intestinale, cela n’existe pas, explique le Dr Weiss. Il s’agit plutôt d’une infection gastro-intestinale causée par un virus ou une bactérie.) Les deux principaux agents en cause sont l’influenza de souche A et celui, moins courant, de souche B.

LES SYMPTÔMES

Habituellement, ils font leur apparition de manière plus subite que ceux du rhume et peuvent comporter, entre autres, une fatigue soudaine et importante (« comme si un camion m’était passé sur le corps »). Parmi les autres signes de la grippe, mentionnons une forte fièvre (entre 39 °C et 40 °C, 102 °F à 104 °F), accompagnée de toux, faiblesse, douleurs musculaires (en particulier dans les jambes), frissons, tremblements, sueurs, perte d’appétit, auxquels s’ajoutent parfois des nausées, de la diarrhée ainsi qu’un besoin irrésistible de garder le lit.

La fièvre commencera à diminuer au bout de quelques jours, suivie, un peu plus tard, de la toux et de la congestion. Dans certains cas, la grippe peut dégénérer en infection respiratoire grave, comme la pneumonie. Chaque année, 1 500 Canadiens meurent de pneumonie reliée à la grippe et quelque 4 000 à 8 000 meurent de complications lorsque la grippe interagit avec des maladies chroniques.

Quelle que soit la gravité de votre rhume ou de votre grippe, souvenez-vous qu’il ne faut jamais insister auprès de votre médecin pour avoir des antibiotiques. Les antibiotiques détruisent les bactéries mais ils sont inopérants sur les virus, ces minuscules micro-organismes que seuls les médicaments antiviraux peuvent combattre. « Les antibiotiques ont sauvé des millions de vie, mais leur usage abusif représente un danger pour l’organisme humain. Chose certaine, on n’a pas besoin d’antibiotiques pour combattre un virus », d’affirmer Karl Weiss. Pire, le recours inutile aux antibiotiques ne fait qu’augmenter la résistance des superbactéries. Il peut arriver cependant, au cours d’une infection virale, que les signes d’une infection secondaire d’origine bactérienne se manifestent. « Si vous avez une fièvre qui persiste plus de cinq jours, vous devriez consulter un médecin, car il pourrait s’agir d’une infection secondaire », conseille le Dr Weiss. En ce qui a trait aux suppléments naturels, le clinicien ajoute que la preuve n’est pas faite que l’échinacée, le zinc et des doses élevées de vitamine C peuvent prévenir le rhume et la grippe, raccourcir leur durée ou réduire la gravité des symptômes.

La grippe aviaire


Illustration: Sandy Nichols

Les chercheurs travaillent actuellement à la mise au point d’un vaccin contre la souche H5V1 de l’influenza aviaire dont certains craignent qu’il dégénère en pandémie mondiale. Le défi est de taille, de dire le Dr Karl Weiss, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Montréal. D’abord, il faut que la pandémie soit déjà déclarée pour que les chercheurs puissent isoler la souche. « Ensuite, nous aurons probablement besoin d’une plus grande concentration de virus pour fabriquer le vaccin que s’il s’agissait d’un virus ordinaire. Et enfin, de conclure le Dr Weiss, les gens pourraient avoir besoin de deux injections pour déclencher une bonne réaction immune. » À la lumière d’une éventuelle pandémie, la communauté scientifique est en train de réévaluer le rôle des médicaments antiviraux oraux, tels le zanamivir (Relenza) et l’oseltamivir (Tamiflu). « Nous avons quelques nouveaux antiviraux en préparation », d’affirmer le Dr Weiss.

Les médicaments sans ordonnance

Ces produits peuvent apaiser les symptômes, mais n’abrègent pas la durée du rhume ou de la grippe

LA CONGESTION DU NEZ et des sinus peut être soulagée par des décongestionnants offerts sous forme d’aérosols, de gouttes, de comprimés, de capsules ou de pilules. Ces médicaments contiennent des agents tels l’oxymétalozine, la pseudoéphédrine et la phényléphrine qui réduisent le gonflement des vaisseaux sanguins nasaux en provoquant leur constriction. Ils ne devraient pas être administrés pendant plus de trois jours, car ils pourraient entraîner la réapparition de la congestion. Les personnes souffrant d’hypertension devraient éviter les décongestionnants, car la plupart de ceux-ci peuvent augmenter la pression sanguine et interagir avec les médicaments antihypertensifs. Les bons vieux médicaments à inhaler ou à frictionner au menthol peuvent aider à décongestionner les voies nasales. Demandez à votre pharmacien de vous aider à choisir un produit sûr pour soulager vos symptômes.

LES MAUX DE TÊTE et les douleurs généralisées répondent bien aux analgésiques (voir La fièvre).

LA TOUX Un sirop antitussif au dextrométhorphane supprimera le réflexe de la toux sèche. Dans les cas de toux grasse, on recommande plutôt un sirop expectorant à la guaïfénésine, un agent qui contribue à dégager la gorge, soulager la congestion bronchique et favoriser l’expectoration du mucus. Dans certains cas, le mucus verdâtre peut être le signe d’une infection bactérienne secondaire pouvant nécessiter un antibiotique si elle persiste.

La toux
La toux est un réflexe déclenché par une irritation des voies respiratoires attribuable au rhume ou à la grippe. La toux peut être sèche, c’est-à-dire sans évacuation de mucus (non productive), ou grasse, avec évacuation de mucus (productive).

Les médicaments sans ordonnance

LES FEUX SAUVAGES Les préparations topiques constituées d’agents anesthésiants, comme le camphre, le menthol, l’alcool, la benzocaïne ou la lidocaïne, sont tout indiqués pour apaiser la douleur, mais peuvent causer un asséchement et une irritation supplémentaires. Certaines études indiquent que les médicaments renfermant du zinc ou de l’héparine pourraient ralentir la prolifération du virus et accélérer la guérison. Des analgésiques oraux peuvent également apaiser la douleur et des onguents hydratants topiques, réduire la sécheresse et les craquelures.

L’herpès labial (ou feu sauvage)
Pour ajouter l’injure à l’outrage, des boutons douloureux remplis de liquide, causés par l’émergence du virus de l’herpès simplex en léthargie, apparaissent parfois dans la région des lèvres et des narines lorsque le système immunitaire est en train de lutter contre un rhume ou une grippe.

LA FIÈVRE et les frissons peuvent être soulagés grâce aux analgésiques, comme l’acétaminophène ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, dont l’acide acétylsalicylique (l’aspirine), l’ibuprofène et le naproxène. On peut administrer aux enfants une formule pédiatrique d’acétaminophène ou d’ibuprofène, mais il faut proscrire l’aspirine, car celle-ci est associée, chez l’enfant, au syndrome de Reye. Cette maladie qui affecte tous les organes du corps est liée à l’administration de salicylés (comme l’aspirine) et à une infection virale antérieure, telle la grippe ou la varicelle.

LES MAUX DE GORGE et l’enrouement peuvent être soulagés par la prise de pastilles, dont certaines contiennent des analgésiques comme la lidocaïne, le benzyle et la benzocaïne, réduisant ainsi l’enflure et la douleur causées par les tissus infectés de la gorge. D’autres pastilles renferment des agents antibactériens, tels le phénol et l’alcool. Des gargarismes, aérosols et languettes anesthésiques et antiseptiques sont également disponibles.

Ayez la piqûre

La vaccination, ce n’est pas seulement pour les enfants — il faut s’occuper toute sa vie d’être bien immunisé

Santé Canada encourage toutes les personnes en santé de deux ans et plus à recevoir un vaccin annuel contre l’influenza (dont la protection devient active après deux semaines). Ce vaccin est d’une importance capitale pour les enfants de moins de 6 mois et les personnes de 65 ans et plus. Il est également essentiel chez les gens ayant un problème de santé chronique, comme une maladie cardiaque, pulmonaire ou rénale, le diabète, un cancer, un dérèglement sanguin ou un système immunitaire affaibli.

Les autres personnes qui devraient recevoir le vaccin antigrippal sont celles qui donnent des soins réguliers aux enfants, de la naissance à 23 mois, les professionnels en soins de santé et les femmes qui accoucheront durant la saison de la grippe, soit entre les mois de novembre et avril. À noter que la vaccination doit se faire au cours du troisième trimestre de grossesse pour ces femmes. Quant aux adultes souffrant d’une maladie grave, comme le sida, ils devraient également recevoir une dose unique du vaccin contre le pneumocoque.

Tous les Canadiens d’âge adulte devraient se protéger en permanence contre le tétanos et la diphtérie en recevant, tous les dix ans, un vaccin de rappel, que l’on peut maintenant combiner avec celui de la coqueluche. Bien que la plupart des provinces canadiennes ne couvrent pas le coût de ce vaccin, les autorités recommandent que vous le receviez une fois, en même temps que la dose de rappel du double vaccin tétanos-diphtérie.

Les gens qui font des voyages fréquents à l’extérieur de l’Amérique du Nord (à l’exclusion du Mexique et de l’Europe de l’Ouest) devraient se faire vacciner contre l’hépatite A et B. Tous les adultes qui n’ont jamais contracté la varicelle devraient se faire vacciner contre cette maladie, en particulier les femmes en âge d’enfanter.

Communiquez avec le service de santé publique de votre région pour obtenir le calendrier de vaccination et la liste des vaccins gratuits. Pour plus de renseignements, visitez le www.phac-aspc.gc.ca/new_f.html et cliquez sur Immunisation et vaccins.-–Kristin Jenkins

Consultez un médecin si vous avez

•           un rhume qui dure depuis plus de dix jours;

•           des maux d’oreilles ou si un liquide s’échappe de vos oreilles;

•           une douleur aiguë au visage ou au front;

•           une température supérieure à 39 °C (102 °F);

•           le souffle court;

•           une toux, un enrouement ou un mal de gorge persistants;

•           des sifflements bronchiques.    

— Le Collège des médecins de famille du Canada

Les casse-grippes

Voici les recommandations à suivre pour tenir le rhume et la grippe en respect

  1. Faites-vous vacciner contrer la grippe (voir Ayez la piqûre ! ci-dessus).
  2. Soyez vigilant sur le plan de la vaccination, afin de garder votre système immunitaire en état de se défendre contre les intrus.
  3. Lavez-vous les mains fréquemment et gardez toujours sur vous un contenant de désinfectant pour les cas où vous n’auriez pas accès à l’eau d’un robinet.
  4. Évitez de toucher votre nez ou votre bouche avec vos mains.
  5. Évitez les contacts physiques avec les personnes enrhumées ou grippées
    et n’échangez pas de nourriture ou d’ustensiles avec elles.
  6. Assurez-vous de dormir suffisamment et de vous alimenter sainement pour nourrir votre système immunitaire.
  7. Réduisez les occasions de stress, mental et physique, dont l’exercice extrême.
  8. Évitez de fumer, de respirer la fumée secondaire et de consommer de l’alcool à l’excès.

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