|
|
Le froid vous coupe le souffle ? Kristin Jenkins
Ce phénomène libère des substances chimiques, des leucotriènes entre autres, qui provoquent la constriction (le resserrement) des voies respiratoires, lesquelles vont se contracter et provoquer un spasme. L’exercice ne cause pas de crise d’asthme chez les nageurs « parce que ceux-ci respirent de l’air humide », explique le Dr Robert Schellenberg, chef du Département d’allergie et d’immunologie de l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver. Voici un autre exemple : celui d’une jeune fille de 12 ans qui est l’une des meilleures joueuses de hockey de son équipe. Quand elle n’est pas sur la glace, son asthme semble sous contrôle — il est rare qu’elle fasse de grosses crises — mais il suffit de quelques minutes sur la patinoire pour que ses bronches se mettent à siffler. Que se passe-t-il donc ? Ici encore, c’est une activité intense et l’inhalation rapide, souvent par la bouche, de l’air sec et froid sur la patinoire qui ont déclenché cette crise, fait remarquer le Dr Charles Frankish, professeur en allergie et immunologie cliniques à l’Université d’Ottawa. Même si cette jeune hockeyeuse ne manifeste aucun symptôme d’asthme quand elle n’est pas sur la glace, elle peut quand même souffrir d’une inflammation chronique des voies respiratoires, soit à cause d’un déclencheur d’allergie sous-jacent, comme la présence à la maison d’un animal domestique, soit parce qu’elle a été en contact avec le virus du rhume ou de la grippe. Mais quelle que soit la cause de ces symptômes, leur apparition, lors de l’activité physique, signifie que l’asthme n’est pas bien contrôlé, nous dit le Dr Donald Stark, professeur adjoint au Département d’immunologie et d’allergie de l’Université de la Colombie-Britannique. « Les gens peuvent être tolérants aux substances qui déclenchent l’asthme à l’intérieur, comme les moisissures ou les particules de poussière, explique-t-il, mais ils peuvent être davantage sensibles à l’air froid et sec lorsqu’ils sont à l’extérieur. » L’air froid, en effet, peut facilement devenir la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Les gens se disent : je n’ai pas de problème avec mon chat à la maison, mais il suffit que j’aille courir dehors pour que la crise se déclenche », fait remarquer le Dr Schellenberg. Et Charles Frankish d’ajouter : « Si, pour certaines personnes, le déclencheur est l’exercice physique à l’air froid, c’est qu’elles souffrent d’une constriction chronique des voies respiratoires qui peut s’aggraver au contact de substances allergènes présentes dans l’air, comme la poussière. » De là l’importance de réduire l’impact des allergènes au moyen d’anti-inflammatoires. La meilleure façon de réduire les risques de crises d’asthme attribuables à l’exercice est de recourir à des stratégies et à des médicaments spécifiques, explique le Dr Frankish. « Demandez à votre médecin de famille ou à un pneumologue d’ajuster votre médication ». Et Donald Stark d’ajouter : « N’abandonnez pas vos exercices. Si ceux-ci provoquent des sifflements, réduisez l’intensité de vos activités ». Heureusement, les crises provoquées par l’exercice physique ne semblent pas empirer l’état asthmatique sous-jacent. Pourtant, il en va tout autrement quand il nous faut lutter de façon répétée contre les allergènes. Ces derniers entretiennent l’inflammation des voies respiratoires et peuvent avoir des conséquences à long terme. Des mesures doivent donc être prises pour réduire l’exposition aux allergènes. (Voir Les ennemis intérieurs). En résumé, si votre asthme est bien contrôlé, vous devriez pouvoir être actif physiquement, quelle que soit la météo. Malheureusement, 50 % des Canadiens asthmatiques contrôlent mal leurs symptômes. Une enquête de 2002 sur l’asthme au Canada a révélé que plus de 90 % d’entre eux croient pourtant que leur maladie est sous contrôle. Les médecins canadiens surestiment aussi de beaucoup le contrôle qu’ont leurs patients sur leur asthme, et ont tendance à penser que ces patients en savent beaucoup plus sur leur maladie qu’ils n’en savent en réalité. On estime à trois millions le nombre de Canadiens qui souffrent d’asthme et la vaste majorité d’entre eux aura besoin de traitement d’entretien à long terme En fait, les patients aux prises avec l’asthme tolèrent leurs symptômes parce qu’ils ont appris à vivre avec les contraintes de la maladie. « Mais l’asthme ne devrait jamais être une raison pour ne pas faire d’exercice », affirme Charles Frankish. (Voir L’exercice physique en hiver, p. 49.) « Notre objectif est de laisser les patients décider par eux-mêmes des exercices qui leur conviennent. Nous leur recommandons de faire toutes les activités physiques qu’ils peuvent faire, aussi souvent qu’ils veulent les faire ». Pour plus de renseignements, communiquez avec l’Association pulmonaire du Québec au 1-800-295-8111 ou consultez la rubrique Maladies pulmonaires au http://poumon.ca/home-accueil_f.php. L’exercice physique en hiver
Les ennemis intérieurs À l’intérieur, vous devez affronter d’autres types d’ennemis, comme les acariens, les coquerelles, les moisissures et les substances provenant des animaux domestiques (pellicules, salive, sécrétions, matières fécales et urine). Toutes ces substances peuvent provoquer une crise d’asthme d’origine allergique. Pour les contrer, la Société canadienne de l’asthme nous fait les recommandations suivantes :
Quels sont les signes d’un asthme bien contrôlé ?
Anatomie d’une crise d’asthme Quand une personne asthmatique entre en crise, le coupable est généralement un ou plusieurs déclencheurs qui empêchent l’air de se rendre aux poumons et d’en ressortir. Ces déclencheurs sont de deux types : les allergènes qui mobilisent le système immunitaire et les déclencheurs de symptômes.
Les allergènes sont responsables de l’enflure et des rougeurs sur la paroi des voies respiratoires : la trachée, les bronches et les bronchioles. Le mucus s’épaissit, les voies respiratoires se rétrécissent puis se contractent, provoquant ainsi ce qu’on appelle un bronchospasme. Il arrive aussi que les voies respiratoires produisent davantage de mucus, ce qui peut entraver la respiration. En hiver, à l’intérieur, les moisissures, les particules de poussière, les pellicules provenant des animaux ainsi que les coquerelles sont des exemples d’agents pouvant déclencher une réaction inflammatoire. Au printemps, en été et à l’automne, l’asthme est souvent provoqué par le pollen. Les déclencheurs de symptômes ne sont pas des irritants de type allergène, mais ils peuvent tout de même provoquer la contraction et la constriction des muscles qui entourent les voies respiratoires. Parmi les principaux déclencheurs de symptômes, mentionnons l’exercice physique, la fumée, l’air froid, les émanations de produits chimiques, les particules industrielles en suspension, les odeurs fortes, comme celles émanant des parfums, les additifs alimentaires, comme les sulfites, et les émotions intenses (la colère, par exemple). Les déclencheurs de symptômes sont particulièrement efficaces pour provoquer une crise d’asthme lorsque les voies respiratoires sont déjà enflammées. C’est le cas lorsqu’une personne asthmatique ne prend pas régulièrement ses anti-inflammatoires et que son asthme est mal contrôlé. |
