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Un cœur léger est un cœur
en santé Tim Johnson Vous pensez savoir ce qui vous rend heureux dans la vie ? Pensez-y encore, nous conseille le psychologue Daniel Gilbert de l’Université Harvard. Quand nous prenons la peine d’analyser les options qui s’offrent à nous,
notre cerveau essaie de choisir le parcours qui nous donnera le plus de
satisfaction. Mais il y a peu d’adeptes de ce genre d’exercice
mental. « Il nous est tous très facile de distinguer les choses
qui sont généralement bonnes ou mauvaises pour nous »,
explique Daniel Gilbert. Par exemple, nous savons tous qu’un voyage à Paris
est plus agréable que l’ablation de la vésicule biliaire.
Mais nous n’arrivons pas à discerner avec précision
ce que nous ressentirons face à telle ou telle situation, et nous
ne sommes pas capables non plus de prévoir à quel point ces événements
auront des répercussions positives ou négatives sur notre
vie et pour combien de temps. « En somme, cela signifie qu’il
nous est difficile d’être éclairés sur les buts
que nous devrions poursuivre et sur ceux que nous devrions « Et tandis que la poursuite du bonheur est une quête existentielle
ancrée dans notre subconscient, les enjeux vont bien au-delà de
la satisfaction et la tranquillité « La dépression entraîne l’activation du corps par l’entremise du système nerveux sympathique, ce qui a pour effet de provoquer un tumulte intérieur », d’expliquer Paul Dorian. « Il en résulte une hausse de la pression sanguine et du rythme cardiaque, de même que l’épaississement du sang. » De plus, les survivants d’une crise cardiaque qui sont déprimés courent un risque plus grand de succomber à leur maladie, en particulier au cours de la première année. Ces patients ont tendance à négliger les ressources médicales. Ils ne vont pas voir leur médecin, ne prennent pas leurs médicaments, ne se rendent pas aux sessions de réadaptation cardiaque et continuent de fumer. L’absence prolongée de moments heureux peut aussi être mauvaise pour l’état de santé général. Les gens malheureux sont plus susceptibles de fumer et boire à l’excès et de s’isoler du reste de la société, et sont moins portés à bien manger et à faire de l’exercice. Il y a plusieurs roues à l’intérieur de la même roue, plusieurs cercles vicieux », d’observer le Dr Dorian. Concrètement, quelle voie doit-on suivre pour se remonter le moral et mener une vie plus saine ? « La fréquence des événements positifs est plus importante que leur intensité », d’affirmer Daniel Gilbert. Ainsi, dix petits moments agréables sont plus bénéfiques qu’un seul événement exceptionnel. Faites en sorte que votre journée soit faite de plusieurs petites choses positives. Elles n’ont pas besoin d’être importantes, il suffit qu’elles soient agréables. » Pour Daniel Gilbert, la satisfaction de pouvoir se rendre au travail et d’en revenir à pied est à elle seule une source importante de plaisir. Il est également préférable d’investir dans des expériences positives que dans des biens matériels. Même si certains considèrent les vacances comme un luxe, les faits tendent à prouver que les gens qui s’envolent vers une destination exotique sont plus heureux que ceux qui investissent dans de nouveaux électroménagers ou dans une nouvelle voiture. « Les biens que nous achetons sont présents assez longtemps dans notre vie pour nous décevoir, ce qui n’est pas toujours le cas de nos expériences », explique le psychologue. En cas de doute, essayez d’imiter quelqu’un de votre entourage. « En cherchant à comprendre ce qui rend d’autres personnes heureuses, vous en apprendrez beaucoup sur vos propres expériences », de conclure Daniel Gilbert. |
