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Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ! Chantal Ouellet Nombreux sont les patients qui veulent être avisés des résultats de leurs examens médicaux, même quand ceux-ci sont négatifs. Pourtant, de telles demandes sont contraires aux conventions presque universelles du système médical canadien, selon lesquelles lorsqu’on ne reçoit pas de nouvelles, c’est que celles-ci sont bonnes. C’est seulement dans le cas d’anomalies que l’on appelle le patient. Ainsi, si vous n’avez pas de nouvelles de votre médecin dans les délais qu’on vous a donnés au moment de passer votre test, vous pouvez être rassuré parce que tout est normal. L’exception à la règle : le test de grossesse. Habituellement, on appelle la femme pour l’informer du résultat, même si celui-ci est négatif. Dans ce cas précis, le principe « pas de nouvelles, bonnes nouvelles » ne s’applique pas parce qu’un test de grossesse négatif peut susciter de la déception chez certaines femmes et entraîner une nouvelle période d’essais pour devenir enceinte ou peut- être des traitements de fertilité. Quoi qu’il en soit, certains patients, et c’est compréhensible, s’inquiètent de ne pas recevoir de nouvelles. Lors des rendez-vous de contrôle chez leur médecin, il leur arrive de se plaindre du fait que chaque jour d’attente augmente leur inquiétude alors qu’il suffirait d’un simple coup de fil pour la dissiper. En réalité, les journées des médecins et de leur personnel sont trop chargées pour qu’ils et elles puissent consacrer du temps à appeler les nombreux patients dont les résultats sont négatifs. Pour ce faire, il leur faudrait embaucher une personne dont la seule tâche serait d’effectuer ce genre d’appel. Le problème, pourtant, ne serait pas réglé pour autant, car il y a encore bien des gens qui n’ont pas de messagerie vocale permettant de laisser un message, ce qui obligerait le personnel à rappeler ces patients et à se buter, peut-être, à une ligne occupée. Votre médecin, dont l’horaire est si chargé, doit pouvoir utiliser son temps et ses connaissances à l’examen des gens malades. Malgré cela, les patients qui sont vraiment inquiets au sujet des résultats de leurs tests, ou qui craignent que ceux-ci aient été égarés, peuvent toujours prendre rendez-vous avec leur médecin pour en discuter. Mais là encore, il est certain que ce dernier ferait meilleur usage de son temps en recevant des gens qui ont besoin de soins. La perfection n’étant pas de ce monde, il peut arriver que des résultats d’examens médicaux soient égarés. Ce fut le cas de mon médecin, qui pendant un mois a perdu les résultats de ma mammographie, rangés par mégarde au mauvais endroit. Et puis tout à coup, la veille du jour où je partais pour un voyage de trois semaines en Turquie, on m’a téléphoné pour me dire de consulter d’urgence un spécialiste du sein parce que ma mammographie, qui venait juste de refaire surface, révélait une anomalie. Le test s’est révélé normal, finalement, mais depuis cet incident, chaque fois que je passe un examen médical important, je demande à mon médecin à quelle date il pense recevoir les résultats. Quelques jours après cette date, je téléphone à son bureau, non pour connaître les résultats mais pour savoir si ceux-ci sont bien arrivés. La seule fois où le personnel a refusé d’accéder à ma demande, c’était dans une clinique sans rendez-vous surchargée. On a alors insisté pour que je rencontre le médecin, juste pour savoir si les résultats étaient arrivés. « Nous ne sortons pas les dossiers des patients pour rien », m’a-t-on répondu, froidement. Cet incident mis à part, le personnel de la réception s’est toujours montré aimable, même s’il met parfois du temps à rappeler pour transmettre les renseignements demandés. Dans le monde d’aujourd’hui, où le partenariat médecin– patient est important, nous, les consommateurs de soins, devons partager la responsabilité d’obtenir les renseignements dont nous avons besoin. |
