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Message de l’Association médicale canadienne Colin McMillan, MD
Depuis 1974, l’Association médicale canadienne propose aux médecins un guide de première importance à cet égard, intitulé Évaluation médicale de l’aptitude à conduire. Et même si ce guide ne s’est jamais classé parmi les grands succès de librairie, nos membres nous disent qu’il est l’un des ouvrages les plus utiles qu’ait jamais publiés l’AMC. Il faut toujours garder à l’esprit que les médecins ont la responsabilité, voire l’obligation morale de signaler les patients dont l’état de santé peut rendre la conduite dangereuse. Ainsi, quand un médecin examine un patient pour déterminer son aptitude à conduire, il lui faut tenir compte à la fois de l’intérêt du patient et de celui de tous ceux et celles qui partagent la route avec lui. Les médecins du Canada ont accès à la plus récente édition de ce guide depuis la fin de l’année dernière, et jamais le besoin d’un tel guide n’a-t-il été plus grand qu’aujourd’hui. En effet, depuis 1974, le nombre de véhicules circulant sur nos routes a augmenté de plus de 8 millions. Il est vrai que nous avons des autoroutes en meilleur état, que les voitures sont mieux construites et que le port quasi universel de la ceinture a rendu la conduite plus sécuritaire, mais malgré tout, 3000 Canadiens meurent chaque année dans des accidents de la route et 250 000 de plus sont blessés. En fait, le nombre de décès attribuables aux accidents de la route dépasse de loin celui des décès attribuables à deux autres facteurs grandement médiatisés : le SRAS et le virus du Nil occidental. La population canadienne étant, dans l’ensemble, vieillissante, il ne faut pas s’étonner que les conducteurs âgés soient de plus en plus nombreux sur les routes. Le guide, d’ailleurs, reconnaît le phénomène et consacre un chapitre entier à l’impact du vieillissement sur les conducteurs, tout en soulignant une importante réalité, soit que « les conducteurs âgés en bonne santé sont parmi les plus sécuritaires sur la route [et qu’] il ne convient pas de restreindre la conduite uniquement à cause de l’âge d’une personne ». La nouvelle édition reconnaît aussi que bien des gens planifient mal leur nouvelle façon de vivre après avoir cessé de conduire et suggère même aux médecins des stratégies pour discuter du problème avec leurs patients. L’introduction de la nouvelle édition du guide, qui aborde aussi le pilotage d’avions et la conduite de trains, signale plusieurs points importants. Un des plus marquants est sans doute la décision rendue en 1999 par un tribunal qui a statué que l’on ne doit pas fonder uniquement sur le diagnostic médical la décision d’attribuer un permis de conduire, mais qu’il faut aussi évaluer le fonctionnement au volant des conducteurs canadiens admissibles. Le guide souligne qu’il incombe aux autorités responsables de l’attribution des permis de conduire d’accommoder dans la mesure du possible les conducteurs aptes à conduire en toute sécurité, même si cela peut nécessiter l’ajout de conditions ou de restrictions au permis ou la modification du véhicule, plutôt de résilier leur permis de conduire. Dans ma pratique de cardiologue, j’ai souvent à résoudre des problèmes d’aptitude à conduire et c’est pourquoi je garde toujours sous la main un exemplaire du guide Évaluation médicale de l’aptitude à conduire. Il en est de même pour tous les médecins du Canada, qui savent pouvoir compter sur les conseils précieux de dizaines d’experts. Chacun de nous, médecins et patients, pouvons profiter de leurs compétences. |
