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Inverse la gingivite en 4 semaines

Que se passe-t-il quand vous dormez ?
Plus que vous ne pouvez l’imaginer !

Tim Johnson

De grands esprits, comme Aristote et Freud, ont soulevé cette question fascinante : que se passe-t-il lorsque vous fermez les yeux et sombrez dans le sommeil ?

Pour commencer, disons que même si vous semblez calme, votre corps, lui, est en plein travail. « Certaines fonctions ne deviennent actives que durant le sommeil », explique le Dr Judith Leech, directrice du Centre de médecine du sommeil à l’Hôpital d’Ottawa. « C’est comme si toute une équipe d’entretien ménager se mettait à l’œuvre dans votre corps durant la nuit. »

Quand vous tombez dans les bras de Morphée, diverses fonctions hormonales, métaboliques et immunitaires s’activent. Les hormones de croissance se libèrent et le métabolisme osseux atteint son apogée — réaction cruciale pour la croissance des enfants et le renouvellement osseux des adultes. D’autres hormones s’affairent à réparer les tissus, à former les muscles et à stimuler le rétablissement immunitaire, profitant du sommeil pour refaire le plein de nutriments. Le sommeil sert aussi à restaurer les fonctions cognitives et d’apprentissage. « Si je m’exerce au piano aujourd’hui, pourquoi mon jeu sera-t-il meilleur demain ? », demande le Dr Leech. « Nous croyons que, pendant le sommeil, les capacités d’apprentissage et les connaissances sont transférées des périphériques du cerveau à son disque dur. »

Les heures de sommeil sont aussi l’occasion d’une grande activité des neurones, affirme le Dr John Kimoff, directeur du Laboratoire du sommeil du Centre de santé de l’Université McGill, à Montréal. « Les gens croient que quand on dort, tout s’éteint, y compris le cerveau. En fait le cerveau reste très actif, mais de manière différente. » Les ondes du cerveau ralentissent dès que vous entrez dans la première des quatre phases du sommeil dit « lent ». Les ondes continuent de ralentir dans la deuxième phase et atteignent leur point le plus lent aux phases trois et quatre, soit celles du sommeil moyennement profond et profond. Aux stades deux, trois et quatre, la respiration, le rythme cardiaque et la tension artérielle ralentissent légèrement et deviennent très réguliers. « Si réguliers, de fait, que l’on pourrait régler à ce rythme une horloge de grande précision », affirme le Dr Kimoff.

Tout cela change, cependant, à mesure que l’on progresse vers le sommeil paradoxal, que l’on atteint de 60 à 120 minutes après s’être endormi. « Le sommeil paradoxal est aussi différent du sommeil lent que l’état de veille est différent du sommeil, mais nous n’en avons pas conscience », explique le Dr Leech. Durant cette phase, la respiration, le rythme cardiaque et la tension artérielle fluctuent énormément. Les ondes du cerveau, de même que plusieurs de nos fonctions physiologiques, s’accélèrent pour atteindre le même niveau qu’à l’état de veille. « C’est durant cette phase du sommeil que, littéralement, nous “rêvons en couleurs” », précise le Dr Leech.

Chez la plupart des gens, le cerveau paralyse les muscles durant le sommeil paradoxal, nous empêchant de jouer dans la réalité le film qui défile dans notre tête. Certains dormeurs souffrent cependant d’un trouble rare mais traitable, qui maintient les muscles actifs pendant cette phase. « Le patient est endormi et se met à rêver qu’on le poursuit. Ses jambes commencent à s’agiter et il tombe de son lit, puis s’attaque aux rideaux ou à son partenaire », explique le Dr Kimoff. Parfois, les cauchemars peuvent aussi avoir un impact négatif sur le corps du dormeur, même en l’absence de troubles du sommeil, et provoquer une réaction d’agressivité ou de fuite (accélération du rythme cardiaque, de la tension artérielle et de la respiration). Quand cela se produit, vous êtes aussi prêt à l’action que vous le seriez à l’état de veille.

Mais pourquoi rêve-t-on, au juste ? « On n’a toujours pas de réponse à cette question », de répondre le Dr Tore Nielsen, professeur de psychiatrie à l’Université de Montréal et directeur du Laboratoire des rêves et cauchemars de l’Hôpital du Sacré-Cœur. Une théorie veut que les rêves permettent le transfert et la consolidation de la mémoire de l’hippocampe vers les autres régions du cerveau. Les rêves pourraient aussi faire office de filtre pour les événements de la journée et trier ceux qui seront stockés dans la mémoire à long terme.

Selon d’autres chercheurs, les rêves serviraient à la régulation des émotions. Les régions du cerveau qui traitent les émotions sont très actives pendant que nous rêvons. Les rêves, même lorsqu’il ne s’agit pas de cauchemars, ont tendance à être perçus comme désagréables et négatifs. « Certains chercheurs disent que rêver, c’est un peu comme sortir les ordures. Vous êtes encombré par un tas d’objets inutiles et il faut trouver un moyen de vous en débarrasser », explique le Dr Nielsen.

Il est intéressant de noter que nous enregistrons, pendant toutes les phases du sommeil, certains événements extérieurs. Ainsi, même si les senseurs externes fonctionnent au ralenti pour empêcher le dormeur de se réveiller facilement, des renseignements nous parviennent même quand nous dormons profondément. Le Dr Leech explique que le cerveau procède à un blocage inconscient, permettant uniquement le passage des renseignements importants. Les nouvelles mères, par exemple, réagissent très rapidement aux moindres sons nocturnes de leur bébé, tandis que les ronfleurs, même puissants, sont rarement réveillés par leurs propres ronflements, car ils ne sont pas codés par le cerveau comme étant importants.

Durant le sommeil paradoxal, l’information provenant de l’extérieur peut influencer le cours de nos rêves. À titre d’exemple, le Dr Nielsen a provoqué des épisodes de rêve intéressants en installant un brassard de prise de tension sur les jambes de patients endormis : « Les gens rêvent de toutes sortes de choses : que leurs jambes sont en bois ou paralysées, qu’ils n’arrivent pas à marcher parce que leurs jambes ne plient pas, qu’ils dévalent une pente de ski à toute vitesse, ou encore qu’ils dansent dans les airs en agitant bras et jambes en tous sens. »

Les spécialistes s’entendent pour dire que nous avons besoin de sept à huit heures de sommeil par nuit. Si le corps est privé de sommeil, il ne pourra pas bien remplir ses tâches d’entretien, et vous n’aurez pas toute l’énergie nécessaire pour fonctionner. De plus, il faut vous rappeler que la somnolence diurne est une cause directe d’accidents de la route et du travail et qu’un sommeil réparateur est la clé du bien-être mental, de l’équilibre métabolique et de la santé cardiovasculaire. « Il importe pour la santé de bien dormir », de conclure le Dr Kimoff.

Pour plus de renseignements, consultez le site web de la Société canadienne du sommeil, www.css.to. Pour comparer vos rêves à ceux d’autres personnes et pour participer aux études du Dr Nielsen, visitez le : www.jtkresearch.com/dreamlab

 


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