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Inverse la gingivite en 4 semaines

Maux d’amour
Quand la passion devient brûlure  

Marcia Kaye

Au début, Michele croyait que cette sensation de brûlure intense provenait d’une infection à levure persistante. Mais les tests de dépistage de levures, d’infections urinaires et de maladies transmises sexuellement ont tous produit des résultats négatifs. Cette femme de 35 ans de Vancouver s’est alors vu prescrire des lotions, potions, comprimés, crèmes, huiles, bains de siège et régimes alimentaires, mais rien n’y fit. La douleur, devenue chronique, non seulement anéantissait sa vie sexuelle, mais rendait la marche et la position assise difficiles. Finalement, après avoir consulté plus d’une dizaine de médecins pendant trois années de souffrance et d’abstinence sexuelle presque totale, elle obtint enfin un diagnostic de vulvodynie. « Je n’avais jamais entendu parler de ce problème avant », de dire Michele.

Bien que la vulvodynie demeure déplorablement sous-diagnostiquée, elle est extrêmement répandue, au point d’affecter une femme sur six. Certaines souffrent de la forme appelée syndrome de vestibulite vulvaire, où tout contact avec la vulve (l’entrée du vagin), comme les relations sexuelles ou l’usage de tampons, provoque une sensation de brûlure et de douleur cuisante. D’autres, comme Michele, ont une vulvodynie généralisée, source de douleur permanente. Dans les deux cas, la vulvodynie entraîne la dyspareunie (pénétration douloureuse) et les relations amoureuses peuvent en être affectées. « Je me sens coupable, triste et flouée de ne pouvoir goûter à des moments d’intimité avec mon mari », confie Michele.

La vulvodynie n’a pas de cause unique et n’est pas liée à des antécédents d’abus sexuel, de maladies transmises sexuellement ou de problèmes à l’accouchement. Une femme pourrait cependant être plus susceptible d’en souffrir si elle a eu un certain nombre d’infections à levure ou d’infections de la vessie. Le risque est aussi plus élevé chez celles qui ont utilisé des tampons ou eu des rapports sexuels avant l’âge de 14 ans, alors que le tissu vulvaire est encore en développement, ou qui ont pris des contraceptifs oraux avant l’âge de 17 ans, ce qui laisse supposer qu’il y aurait aussi une cause hormonale.

Le tissu vulvaire peut être d’apparence normale, même s’il brûle et est ultrasensible au toucher. Lors d’une étude canadienne réalisée en 2002, les femmes atteintes de vulvodynie pouvaient sentir un minuscule filament de nylon sur leur vulve, alors qu’aucune des femmes non affectées ne le sentaient. Elles ont aussi décrit la pression légère d’un coton-tige comme étant soit douloureuse, soit désagréable. Ces femmes présentaient également, au toucher, une sensibilité inhabituelle aux bras et aux jambes. « Il faut aborder la vulvodynie non seulement comme un problème sexuel, mais comme un problème de douleur », explique le Dr Caroline Pukall, professeure adjointe de psychologie à l’Université Queen’s de Kingston (Ont.), et principale auteure de l’étude.

Dans tout cas de douleur chronique, il n’est pas facile de trouver le traitement approprié. Michele, aujourd’hui âgée de 46 ans, a fini par connaître un certain soulagement grâce à une combinaison d’antiépileptiques et d’antidépresseurs, qui agissent sur la douleur nerveuse, et une application parcimonieuse d’onguent à la cortisone, mais elle évite toujours les relations sexuelles.

Marie, une Torontoise de 27 ans, a aussi vu ses symptômes soulagés par la médication et par l’utilisation, la nuit, de tampons imbibés d’un anesthésique. « Pendant des années, j’ai été incapable de marcher sans douleur, mais l’été dernier, j’ai réussi à terminer un triathlon », explique-t-elle. Chez certaines femmes, la douleur peut être soulagée par des injections de Botox ou par une chirurgie consistant à retirer une couche de tissu; d’autres verront leur état se stabiliser ou empirer.

Parmi les avenues de traitement explorées, le yoga est à l’étude tandis que la thérapie cognitive et l’hypnose semblent dans une certaine mesure prometteurs. « Cela ne veut pas dire, précise Caroline Pukall, que la douleur de ces femmes soit un produit de l’imagination. Il s’agit d’une douleur physique, bien réelle, mais les messages émis par le cerveau peuvent aider à la contrôler. » Elle conseille aux femmes souffrant de vulvodynie de vivre leur sexualité et de s’adonner, avec leur partenaire, à des activités ne comportant pas de pénétration.

Pour plus de renseignements sur la vulvodynie, ldes ressources accessibles et les groupes de soutien dans votre région, consultez le site web de l’Association pour les femmes atteintes de maladies vulvo-vaginales, au www.groupeelva.org.


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