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Enceinte ? Tension, attention Margaret Bream Il est particulièrement crucial pour une femme de prendre soin de sa santé durant la grossesse et les mois qui précèdent celle-ci. « Plus vous êtes en santé, moins vous serez exposée à une complication grave de la grossesse appelée hypertension gravidique », explique le Dr Nancy Thomas, spécialiste en santé de la mère et du fœtus au Centre hospitalier universitaire de Québec. De 5 à 10 % des femmes enceintes souffriront d’hypertension gravidique, un état caractérisé par une pression sanguine élevée (140/90 mm Hg ou plus). La cause de ce type d’hypertension demeure nébuleuse. Selon certains scientifiques, les substances libérées par le fœtus et le placenta pourraient être à l’origine d’une réaction immune provoquant un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins de la mère. Lorsque l’hypertension gravidique s’accompagne de la présence de protéines dans l’urine, il s’agit alors de pré-éclampsie, problème grave qui se manifeste habituellement après 20 semaines de grossesse et disparaît dans les jours ou les semaines suivant l’accouchement. Sans traitement, l’hypertension gravidique peut causer un ralentissement de la croissance fœtale et provoquer un accouchement prématuré, avec tous les problèmes qui s’ensuivent. Elle peut aussi évoluer en éclampsie, affection grave entraînant des convulsions, le coma et parfois même la mort. Ensemble, la pré-éclampsie et les autres problèmes de tension artérielle en cours de grossesse sont les principales causes de maladie et de décès chez la future mère et son bébé. Au Canada, toutefois, il est extrêmement rare qu’une femme meure d’hypertension gravidique, affirme le Dr Thomas. « Grâce à l’accès universel aux soins de santé, nous recevons les femmes enceintes en consultation à temps pour dépister le problème. » Les facteurs de risque d’hypertension gravidique sont présents chez les femmes enceintes atteintes d’hypertension chronique, chez celles de moins de 18 ans ou de plus de 40 ans, lorsqu’il s’agit d’une première grossesse ou d’une grossesse multiple, lorsque cette complication s’est présentée lors d’une grossesse précédente, ou encore lorsque la femme est atteinte de diabète insulinodépendant, de lupus ou d’obésité. Les symptômes de l’hypertension gravidique peuvent ressembler à ceux d’autres maladies ainsi qu’à l’inconfort habituel causé par la grossesse. Aussi, une femme enceinte devrait-elle voir son médecin si elle a de violents maux de tête, qui persistent malgré le repos et l’acétaminophène, ou si sa vue est brouillée ou qu’elle voit des taches noires ou brillantes. Parmi les autres symptômes, signalons des douleurs intenses dans la région de l’estomac ou dans la partie supérieure droite de l’abdomen et un bébé qui ne bouge pas bien. Les femmes n’ont pas intérêt à endurer ces symptômes. « Consultez un obstétricien ou rendez-vous à l’hôpital, à l’étage de la maternité », recommande le Dr Thomas. Une fois le diagnostic établi, on conseillera à la femme de se reposer à la maison ou à l’hôpital et on pourra lui prescrire un antihypertenseur, tel que l’hydralazine ou le labétalol, pour détendre les vaisseaux sanguins et améliorer la circulation. « Le but est de retarder l’accouchement et d’éviter une pré-éclampsie », explique le Dr Thomas. Pour la mère, le seul traitement consiste à mettre le bébé au monde, mais plus la gestation se prolonge, plus le bébé a de chances de survie. Des soins prénataux optimaux et une surveillance accrue de la croissance fœtale seront alors cruciaux. |
