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Alerte à l’allergie Alice Fisher Quand elle était plus jeune, Karen Grant a vécu deux années misérables sur l’île Algonquin, à quelques minutes de Toronto par traversier. Cette île est un vrai paradis, avec ses parcs, ses plages et ses sentiers, mais elle est aussi plantée de centaines d’arbres, dont de majestueux peupliers — véritable cauchemar pour les gens qui souffrent d’allergies. « Le peuplier produit un pollen léger et duveteux. Au printemps, on dirait une bataille d’oreillers chez les géants », nous raconte Karen, qui a aujourd’hui 45 ans. D’aussi loin qu’elle se souvienne, Karen a toujours été allergique à la moisissure, aux mauvaises herbes, aux plumes et à la fourrure. Chaque année, dès que le pollen paraît, ses symptômes empirent : elle doit supporter un écoulement nasal constant, des yeux rouges et larmoyants et une respiration sifflante. « C’est vraiment horrible ! », nous dit-elle. Son déménagement à Cambridge, petite ville du sud-ouest de l’Ontario, n’a en rien amélioré son état. Elle vit maintenant avec son mari et ses deux jeunes enfants sur une propriété d’un peu moins d’un acre où l’herbe à poux prolifère, si bien que ses réactions allergiques ne lui laissent aucun répit jusqu’à la fin de l’été. Environ 25 % de la population canadienne souffre de rhinite saisonnière. Cela n’a vraiment rien d’amusant et toute personne atteinte de ce type d’allergie vous dira qu’elle éprouve de la difficulté à dormir et à profiter des rencontres sociales, en plus de devoir restreindre ses activités sportives. Les allergies débutent au printemps, avec la pollinisation des arbres, à des périodes un peu différentes selon les régions. À Vancouver, par exemple, les arbres commencent à produire du pollen dès la fin janvier, tandis qu’il n’y en n’a pas avant la fin d’avril à Winnipeg, explique le Dr Allan Becker, professeur adjoint au service d’allergie et d’immunologie clinique du Département des soins pédiatriques et de santé de l’enfant de l’Universitéé du Manitoba. La pollinisation de l’herbe suit habituellement celle des arbres et bat généralement son plein au joli mois de mai. Cela coïncide normalement avec la prolifération des spores de moisissures provoquée par le dégel printanier, souligne le Dr Becker. Les moisissures poussent sur le bois et les autres matières organiques et c’est pourquoi elles sont en si grand nombre dans les prés où l’on cultive les céréales. Enfin, le milieu et la fin de l’été donnent le coup d’envoi à l’herbe à poux. « Cette plante peu attrayante et nocive se retrouve en quantité impressionnante dans le Triangle doré du sud-ouest de l’Ontario », signale le Dr Becker.
Traitements Sur les tablettes des pharmacies, on trouve toutes sortes de médicaments à action courte ou prolongée contre les allergies, sous forme de comprimés, d’aérosols, de gouttes et de crèmes. La plupart de ces médicaments ont pour but d’entraver une ou plusieurs des réactions biologiques qui se produisent durant une crise d’allergie (voir Anatomie de la réaction allergique). Certains médicaments bloquent la production d’histamine du système immunitaire (les antihistaminiques) ou les leucotriènes (antagonistes des récepteurs des leucotriènes). On peut se procurer des antihistaminiques en vente libre dans les pharmacies, mais il faut une ordonnance pour obtenir des antagonistes des leucotriènes. D’autres médicaments peuvent réduire l’inflammation des voies nasales et de la gorge — il s’agit des corticostéroïdes, eux aussi disponibles sous ordonnance. L’inhalateur nasal stéroïde a été une vraie bénédiction pour Karen, qui avait environ 18 ans quand ce médicament est arrivé sur le marché. « Pour la première fois de ma vie, mes voies nasales étaient complètement dégagées, ce qui a amélioré considérablement ma qualité de vie », dit-elle. Les personnes allergiques peuvent aussi compter sur des décongestionnants des voies nasales et sur des injections (immunothérapie). Un nouveau médicament est venu grossir dernièrement l’arsenal des traitements antiallergiques. Il s’agit de l’omalizumab (Xolair), administré par injection, qui bloque un anticorps naturel, l’immunoglobuline E (IgE), que produisent en trop grande quantité les personnes allergiques (voir Anatomie de la réaction allergique, p. 43). « Ce nouveau médicament absorbe les anticorps, si bien que l’allergie est non seulement contrôlée, mais neutralisée », explique Allan Becker. L’omalizumab est d’une aide précieuse pour les patients souffrant d’allergies graves. Malheureusement, son coût prohibitif (15 000 $ à 20 000 $ par année) le rend inaccessible pour beacoup de personnes allergiques. Certaines personnes souffrant d’allergies hésitent à prendre des médicaments. C’est le cas du mari de Karen, Jody Palmer, âgé de 43 ans. Ses symptômes sont si graves qu’il s’est formé des polypes (de petites excroissances en forme de sac sur sa muqueuse nasale enflammée). « Malgré tout, nous dit Karen, il préfère endurer ses symptômes que de prendre des médicaments pour le reste de sa vie. » Les gens allergiques comme Jody peuvent trouver un certain soulagement dans des traitements non médicamentés, comme les compresses froides ou les infusions d’eucalyptus et peut-être le yoga.
Minimiser les réactions allergiques Le meilleur moyen de réduire les réactions allergiques est d’éviter les allergènes Dans la maison
À l’extérieur
Sur la route
L’exercice
La protection des yeux
Jardiner sans éternuer Ne vous privez pas de ce plaisir à cause des allergies Même si vous souffrez d’allergies saisonnières, vous n’avez pas à renoncer au jardinage. Il suffit de limiter votre choix de fleurs et de plantes à celles qui provoquent chez vous le moins d’écoulement nasal et d’éternuements. Tomas Ogren, auteur de Allergy-Free Gardening, a classé les plantes sur une échelle de 1 à 10 en fonction de leur potentiel allergène. Pour consulter cette échelle, visitez le www.allergyfree-gardening.com. Le plus flamboyant sera le mieux. En règle générale, vous devez choisir des plantes à grosses fleurs qui comptent beaucoup de pétales et dégagent un certain parfum. La pollinisation de leurs fleurs étant assurée par les abeilles, les papillons et les scarabées, ces plantes produisent des graines de pollen plus grosses qui ne sont pas transportées par l’air. Les plantes à petites fleurs qui ne dégagent aucune odeur doivent compter sur le bon vouloir du vent pour la pollinisation. C’est pourquoi elles produisent un pollen plus petit, donc facilement transportable par l’air jusqu’à nos narines. Optez pour les femelles. Le sexe de la plante est un autre facteur important. Généralement, les plantes femelles (qui reçoivent le pollen plutôt que d’en produire) sont les meilleures parce qu’elles produisent de grosses fleurs légèrement parfumées. On peut aussi choisir des plantes mâles dont le pollen est enfoui profondément à l’intérieur de la fleur. Renseignez-vous auprès du personnel de votre pépinière pour sélectionner les plantes en fonction de leur sexe. Les arbres et plantes mâles qui ne produisent pas de fruits, de graines ou de fleurs spectaculaires sont généralement les pires pour déclencher des allergies. Tom Ogren va même jusqu’à suggérer de changer le sexe d’un arbre mâle en greffant un arbre femelle à son sommet ! Il nous conseille aussi certaines espèces de plantes, les roses, par exemple, qui comportent aussi bien des plants producteurs de pollen (mâles) que des plants receveurs (femelles). Il n’y a pas d’indices évidents pour nous aider à reconnaître le sexe d’une plante, bien que celles qui ne produisent pas de fruits soient souvent des plantes mâles. Quant à lapelouse, puisqu’elle produit beaucoup de pollen, songez à la remplacer par des plates-bandes de fleurs à faible potentiel allergène ou par des pavés. Quelques choix de plantes moins allergènes :
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