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Un esprit sain dans un corps sain Patrick Rich Si le Dr John O’Brien-Bell ralentissait un peu ses activités, après une brillante carrière en politique médicale, nul ne songerait à le blâmer. Mais à 77 ans, ce médecin de famille semi-retraité de Surrey, en Colombie-Britannique, est loin d’en être là. Cette année, il se propose de rencontrer les membres de plusieurs conseils municipaux de la région métropolitaine de Vancouver. Il souhaite ainsi les sensibiliser à l’urgence de créer des comités sur la santé et le conditionnement physique et de favoriser davantage la bonne forme dans leur administration. Pour ce médecin, la bonne forme physique n’est pas seulement une cause à défendre — c’est aussi un mode de vie. Depuis des décennies, il pratique le jogging ou la marche presque quotidiennement et l’an dernier, il a terminé en moins de 70 minutes les dix kilomètres de la course du Vancouver Sun. « Je crois, dit-il, que de m’être toujours tenu en forme a contribué énormément à me garder alerte mentalement et à freiner le déclin des fonctions cognitives associées au vieillissement. » John O’Brien-Bell croit qu’il en est de même pour les patients âgés qu’il continue de rencontrer dans le cadre de sa pratique. Les preuves qui relient activité physique et vivacité mentale sont de plus en plus nombreuses. En 2006, une étude menée en Écosse auprès de 460 personnes âgées a démontré que celles ayant la meilleure forme physique à 79 ans étaient aussi les plus alertes mentalement. Le Dr Arthur Kramer, psychologue à l’Université de l’Illinois à Urbana, a étudié pendant des décennies l’impact de l’activité et de la bonne forme physiques sur le cerveau et l’activité mentale. Récemment, ses collègues et lui ont présenté les résultats d’une vaste analyse de plusieurs études publiées visant à déterminer s’il y avait un lien entre l’activité physique et l’amélioration des fonctions du cerveau chez les personnes âgées. Leurs conclusions ? Absolument. « Nous avons découvert que l’exercice physique et l’aérobie peuvent réduire les risques de voir nos fonctions cognitives se dégrader avec le vieillissement. De même, l’activité physique peut aider le cerveau à conserver sa plasticité, c’est-à-dire la capacité d’une région du cerveau à prendre en charge une fonction normalement assurée par une autre région lorsque celle-ci manifeste des signes de défaillance à l’âge de la vieillesse », explique le Dr Kramer. Qui plus est, la recherche à laquelle le Dr Kramer a participé personnellement laisse entendre qu’il suffit de pratiquer une activité aérobique, comme la marche, sur une période relativement courte de six mois pour commencer à recouvrer une partie du volume du cerveau perdu dans le processus normal de vieillissement. Des études indiquent aussi que l’activité physique pourrait protéger des ravages de la maladie d’Alzheimer. Mais pourquoi l’activité physique nous rendrait-elle plus alertes ? Un nombre croissant d’études sur des animaux révèlent que l’exercice physique augmente dans le cerveau le taux des substances chimiques qui stimulent la formation de nouveaux neurones et préviennent ou ralentissent l’apparition des changements qui produisent la perte des fonctions mentales attribuable au vieillissement, à la maladie ou aux blessures. Des chercheurs de l’École des sciences de l’activité physique humaine de l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver, ont démontré l’effet neuroprotecteur de l’exercice physique ainsi que sa capacité d’améliorer le bien-être psychologique et de réduire les risques de mort prématurée. « L’exercice est un médicament sans effet secondaire », de conclure le Dr Kramer. Pour plus de renseignements, consultez le Guide d’activité physique canadien pour une vie active saine pour les aînés au www.phac-aspc.gc.ca/pau-uap/guideap/aines/index.html |
