|
|
L’accident vasculaire cérébral Michele Sponagle La journée avait commencé comme toutes les autres pour MaryAnn Luff, 47 ans, mère de quatre enfants, de Belleville (Ontario). Elle venait comme d’habitude de reconduire sa fille à l’école, quand tout à coup, elle fut prise d’un violent mal de tête, différent de toutes ses expériences antérieures par son arrivée subite et son intensité, bientôt suivi par une vision brouillée. En descendant de sa minifourgonnette, MaryAnn ressentit une grande faiblesse et s’effondra. Elle savait qu’elle faisait un accident vasculaire cérébral, car quelques jours auparavant, elle avait lu un article sur Walter Gretzky, le père de Wayne, qui racontait comment était survenue sa crise. « C’est étrange, car une semaine plus tôt, jamais je n’aurais pu en reconnaître les symptômes », explique-t-elle. (Voir Sachez reconnaître les signes de l’AVC.) Fort heureusement, les ambulanciers ont tout de suite reconnu les signes de l’accident vasculaire cérébral (AVC) et ont immédiatement transporté MaryAnn à un hôpital de Kingston, où elle a reçu un activateur tissulaire du plasminogène — médicament qui dissout les caillots — après avoir passé une tomodensitométrie pour voir si le caillot était logé au cerveau. Clouée sur son lit d’hôpital, le côté gauche du corps dépourvu de toute sensibilité, MaryAnn a mis près de cinq mois à se rétablir. La physiothérapie l’a aidée à se remettre sur pied, avec une marchette pour commencer, puis avec deux cannes. Elle peut maintenant marcher sans aide. La seule séquelle que lui a laissée son accident vasculaire est une paralysie persistante à trois doigts de la main gauche. « Je peux vivre avec ça », dit MaryAnn en riant. Elle travaille maintenant comme bénévole à la Fondation des maladies du cœur du Canada (FMCC), à sensibiliser le public à l’accident vasculaire cérébral et à ses symptômes. L’AVC de MaryAnn l’a prise par surprise, car elle ne présentait aucun des facteurs de risque classiques (voir Recette de l’AVC). Quoi de neuf ? Les chercheurs étudient l’impact de la stimulation thermale chez les victimes d’AVC qui ont souffert d’une paralysie d’un membre supérieur. L’application de compresses chaudes et froides augmente de façon significative le taux de rétablissement des patients. De nouvelles recommandations sur les maladies cardiovasculaires indiquent que les femmes de 65 ans et plus devraient songer à prendre, à faible dose, des suppléments de multivitamines et minéraux, quel que soit leur niveau de risque. En effet, les recherches tendent à démontrer que les suppléments peuvent aider à prévenir aussi bien les AVC que les crises cardiaques chez les gens de ce groupe d’âge. On peut évaluer les risques d’AVC chez les adultes à risque élevé par un examen de la vue, qui consiste à détecter les signes de rétinopathie hypertensive, maladie qui cause de petites ruptures dans les vaisseaux sanguins de l’œil. Des chercheurs de l’Université de Sydney, en Australie, ont découvert que les gens atteints de rétinopathie étaient trois fois plus à risque d’AVC. Tendances Les connaissances croissantes sur l’AVC et sa prévention font ressortir deux tendances inquiétantes. D’abord, selon une étude de la FMCC, les jeunes risquent de plus en plus d’être victimes d’un AVC. Le tabagisme est en partie en cause, car il constitue un important facteur de risque d’AVC, et la majorité des fumeurs sont aujourd’hui âgés de 15 à 29 ans. De plus, le cinquième des Canadiens dans la vingtaine sont obèses. En 2000, 18 000 hommes et femmes de 30 à 60 ans ont été hospitalisés pour un AVC. Les données sur les femmes et l’AVC sont tout aussi alarmantes. Dans son Rapport annuel 2007 sur la santé des Canadiens, la FMCC révèle que les risques pour les femmes de mourir des suites d’un AVC sont plus élevés que pour les hommes : dans les 30 jours suivant la crise, les risques de décès suite à un AVC sont de 11 % supérieurs chez les femmes. Les médecins se perdent toujours en conjecture quant aux causes, mais ils émettent tout de même quelques hypothèses. Le Dr Antoine Hakim, directeur scientifique du Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires, à Ottawa, explique : « L’AVC chez la femme peut se manifester différemment de chez l’homme. Les symptômes chez la femme sont parfois plus vagues et ne sont pas nécessairement ceux que l’on connaît le mieux. » (Voir Sachez reconnaître les signes de l’AVC, p. 22.) De plus, les femmes ne demandent pas de l’aide aussi rapidement et 30 % d’entre elles ignorent les symptômes de l’AVC. Enfin, les femmes peuvent prendre jusqu’à 46 % plus de temps que les hommes pour se rendre à l’hôpital après l’apparition des symptômes.
Les deux visages de l’AVC
Dans l’AVC hémorragique, le saignement d’une veine dans le cerveau exerce une pression sur les tissus cérébraux. Les deux types d’AVC présentent des symptômes similaires; les séquelles diffèrent selon la partie du cerveau atteinte. L’AVC ischémique peut causer une paralysie permanente ou des troubles d’élocution. Bien que l’AVC hémorragique soit plus souvent mortel, il arrive que les survivants se rétablissent bien, les dommages étant attribuables à une pression au cerveau provoquée par une hémorragie plutôt qu’à la privation de sang. L’AVC hémorragique est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, en particulier chez celles qui fument. La consommation modérée d’alcool peut avoir des effets préventifs contre l’AVC ischémique, tandis que la surconsommation augmente les risques d’AVC hémorragique. Les risques d’AVC hémorragique sont plus grands chez les femmes souffrant d’auras migraineuses. Se prendre en main L’hypertension artérielle (ou haute pression) est un facteur de risque important dans 65 % des AVC. « Mais elle constitue aussi le risque le plus facile à modifier », explique le Dr Robert Côté, porte-parole de la Fondation des maladies du cœur et professeur agréé de neurologie au Centre universitaire de santé McGill, à Montréal. « Nous pouvons tous contrôler notre tension artérielle en la faisant vérifier régulièrement, lors de nos examens médicaux de routine. » Un appareil appelé sphygmomanomètre mesure la pression du sang contre la paroi des artères en terme de millimètres de mercure (mm Hg). Quand une pression sanguine élevée est causée par un facteur externe (comme une maladie rénale ou les effets secondaires d’un médicament), on l’appelle hypertension secondaire. Mais lorsqu’elle est liée à la génétique ou au mode de vie, elle porte le nom d’hypertension essentielle. Quelle qu’en soit l’origine, l’hypertension est toujours dangereuse. Environ 22 % des Canadiens âgés de 18 à 74 ans ont une tension artérielle élevée, c’est-à-dire supérieure à 140/90 mm Hg chez les personnes non diabétiques (la cible est plus basse chez les personnes atteintes de diabète). Tout aussi préoccupant, 42 % des personnes atteintes d’hypertension ne connaissent pas leur état et ne reçoivent aucun traitement. Chez les adultes dont la tension artérielle est élevée, 18 % sont des femmes et 26 %, des hommes. Avec l’âge, la prévalence de l’hypertension grimpe à 58 % chez les femmes de 55 à 74 ans. Avec le temps, l’hypertension artérielle endommage les vaisseaux sanguins en y laissant des cicatrices, ce qui favorise l’accumulation de dépôts graisseux (ou plaques) qui peuvent éclater et former des caillots. Une tension artérielle très élevée peut provoquer l’éclatement de vaisseaux sanguins au cerveau et déclencher un AVC hémorragique. Le médecin pourrait vous prescrire un médicament et vous recommander de modifier votre mode de vie, par exemple en renonçant au tabac, en maintenant un poids santé et en adoptant un régime alimentaire équilibré, riche en légumes et en fibres. En même temps, d’autres mesures à prendre seraient de réduire votre consommation de sel et de gras saturés, d’augmenter la fréquence de vos exercices physiques, de limiter votre consommation d’alcool et de réduire le stress. |
