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Lorene Hatelt Gary Butler
À l'âge de neuf ans, cette Ontarienne d'origine albertaine a subi un anévrisme qui a occasionné chez elle la perte de contrôle totale du côté droit de son corps. Elle a donc dû réapprendre à marcher. De plus, au début de l'adolescence, Lorene a développé une spasticité, état neurologique qui provoque des contractions musculaires involontaires. Elle reçoit maintenant régulièrement des injections de Botox pour détendre ces muscles. En 2002, peu de temps avant le Championnat mondial de triathlon, au Mexique, une tumeur est apparue au tendon d'Achille droit, qui a sérieusement aggravé sa spasticité." Ce que j'ai fait ? J'ai tout de même complété le triathlon. Mon père me disait toujours"Pas capable est mort. Sa fille s'appelle Essaie."" En prophète de malheur, pourtant, un physiothérapeute avait dit à la mère de Lorene (et Lorene avait entendu) :" Votre fille ne deviendra jamais athlète olympique." Croyez-vous qu'on aurait pu mieux soigner votre anévrisme ? En ce qui a trait aux signes avertisseurs, je me plaignais de maux de tête autrefois, mais notre médecin avait dit" les enfants n'ont pas de maux de tête". À l'hôpital, on m'a traitée comme s'il s'agissait d'une commotion cérébrale et on m'a radiographié la tête, car l'imagerie par résonance magnétique n'existait pas encore. Deux semaines plus tard, on m'a tout bonnement renvoyée chez moi parce qu'on ne savait pas de quoi je souffrais. Pourtant, j'avais perdu presque complètement l'usage de mon côté droit. Des physiothérapeutes parmi les meilleurs ont dit un jour à ma mère que s'ils avaient pu me traiter lorsque j'étais enfant, ma spasticité serait beaucoup moins grave aujourd'hui. Quel est le secret de votre succès, la détermination et l'effort ? J'ai appris à la dure que si vous voulez vraiment quelque chose, il faut vous battre pour l'obtenir. Entre l'âge de 10 ans et 20 ans, je me suis consacrée à l'activité physique. Je jouais à la balle molle, nous faisions du curling en famille et beaucoup de bicyclette. Je bougeais tout le temps; j'étais toujours active. Comment êtes-vous devenue une triathlète ? Après mes études collégiales, je me suis jointe à un groupe de course à pied. Et un jour, après la course, je suis allée nager avec une amie. Mon amie était plus rapide sur la route, mais moi je la battais en natation. En 1982, j'avais vu Julie Moss atteindre la ligne d'arrivée au triathlon Ironman à Hawaï, et j'ai eu tout à coup envie de découvrir comment je pourrais m'en tirer dans une compétition de cette envergure. En quoi cette expérience vous a-t-elle transformée ? Ce que j'ai appris, c'est que l'attitude peut avoir une grande influence sur les résultats. C'est un phénomène au-delà de la science, à mon avis. Mon premier triathlon a été extrêmement difficile, mais je n'ai pas douté un seul instant pouvoir le terminer. L'essentiel est de rester optimiste. D'une certaine manière, agissez-vous comme si vous étiez votre propre médecin ? Les meilleurs triathlètes sont capables de dire à leur médecin ce dont ils ont besoin - ils connaissent leur corps à ce point. Lorsque vous avez une incapacité, vous développez à la longue une foule de trucs. Aujourd'hui, par exemple, j'ai couru et cela m'a causé une douleur au pied. J'ignore pourquoi, car je n'ai rien fait d'inhabituel. Je vais donc fouiller dans mes réserves de trucs : comme de prendre un bain, ou m'asseoir dix minutes dans la voiture pour me détendre, car je suis une personne extrêmement stressée avec une personnalité de type A. Pourtant, ce qui a fonctionné la semaine dernière ne fonctionnera pas nécessairement aujourd'hui. Qu'importe. Les athlètes atteints d'une incapacité sont toujours pleins de ressources. Ils n'ont pas le choix! |
