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La pensée au masculin La pensée au féminin Tim Johnson
L’agressivité Dans l’ensemble, la femme est moins portée que l’homme à l’agressivité physique, une particularité qui serait liée à l’amygdale, une structure anatomique en forme d’amande située dans le cerveau, qui nous aide à percevoir l’émotion et qui joue un rôle majeur dans la réponse du cerveau à la provocation. « L’amygdale de la femme est plus petite que celle de l’homme, et aussi plus près de la taille de son cortex orbitofrontal, la région qui inhibe, chez l’humain, l’expression des émotions qui proviennent de l’amygdale. « La taille de l’amygdale, plus petite chez la femme, n’est probablement pas étrangère au fait qu’elle manifeste plus rarement de l’agressivité », nous dit le Dr Ruben Gur, directeur de recherche sur le fonctionnement du cerveau à l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie. « Et cela expliquerait, nous dit Louann Brizendine, pourquoi certains hommes peuvent en venir aux poings sans crier gare, alors que les femmes, très souvent, feront l’impossible pour éviter les conflits. » La sexualité Dans le cerveau de l’homme, le siège des pulsions sexuelles (comme l’hypothalamus) a environ deux fois la taille de celui de la femme. C’est pourquoi les pensées de nature sexuelle sont beaucoup plus fréquentes chez l’homme que chez la femme. En réalité, nous dit Louann Brizendine, il arrive à l’homme d’avoir ce type de pensée plusieurs fois par jour alors que la femme, elle, ne pense au sexe qu’une fois par jour, « jusqu’à un maximum de trois ou quatre fois lorsqu’elle est au plus fort de sa libido », précise la neuropsychiatre. Vous avez maintenant un élément de réponse à cette question vieille comme le monde : est-ce vrai qu’il ne pense qu’à ça ? La mémoire émotive Par ailleurs, l’hippocampe (la région du cerveau qui est le point d’arrivée de l’émotion et de l’information stockée dans la mémoire) est plus développé chez la femme, de même que les liens entre les différents sièges de l’émotion dans le cerveau. À cet égard, une étude réalisée à l’Université de Californie à Irvine a révélé que lors de la stimulation de l’amygdale (qui aide à traduire les situations d’ordre émotif qui sont en mémoire), c’est surtout le côté gauche qui est actif chez la femme, tandis que l’homme privilégie le côté droit. « Cela a pour effet de créer une disproportion dans la stimulation de la mémoire, si bien que la femme retiendra les détails d’une situation émotionnelle et l’homme, lui, l’essentiel », explique le Dr Larry Cahill, un neuroscientifique et chercheur en chef de l’étude. L’orientation C’est justement parce que la taille de l’hippocampe de la femme est plus imposante que celle de l’homme que la gente féminine a tendance à être désavantagée par rapport à l’homme quand vient le temps de s’orienter. Car en plus d’avoir un rôle-clé dans la mémoire, l’hippocampe en joue un autre dans la capacité de se repérer dans l’espace. À cet égard, des études démontrent de façon répétée que la femme s’oriente surtout au moyen de points de repères, tandis que l’homme a surtout tendance à évaluer les distances dans l’espace en fonction de l’orientation à recourir aux points cardinaux. Une tendance similaire a été observée chez les rats, « bien qu’il reste encore à prouver que les rats mâles sont moins enclins à demander leur chemin ! », de conclure Larry Cahill avec humour. L’expression verbale Dans le système limbique, connu pour être le cerveau émotionnel, le métabolisme de la circonvolution cingulaire (une longue structure incurvée située tout près du siège du langage) est plus élevé chez la femme que chez l’homme. Cela peut expliquer, dit le Dr Gur, pourquoi les femmes ont tendance à parler davantage de leurs émotions. « De plus, d’ajouter celui-ci, si vous demandez à un homme de se détendre et de penser à quelque chose d’agréable, la partie du système limbique située sous le corps calleux (la plus primitive de toutes) devient active, ce qui peut amener le sujet à fantasmer sur des scènes agressives ou sur des exploits sexuels ou sportifs. Chez la femme, la partie la plus active, adjacente à celle du langage, est apparue plus tard dans l’évolution, ce qui explique pourquoi elle est davantage portée à s’exprimer en mots. » On comprend mieux, maintenant, pourquoi l’homme ne veut jamais parler de ce qu’il ressent. Les tâches multiples L’homme a tendance à utiliser son cerveau gauche et son cerveau droit en alternance quand il aborde une tâche, tandis que la femme se sert souvent des deux à la fois. « L’organisation du cerveau féminin est surtout bilatérale, et le corps calleux, l’autoroute qui relie les deux hémisphères, est généralement plus massif. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que ce serait la raison pour laquelle la femme est plus encline à entreprendre plusieurs tâches à la fois. Cela veut dire aussi qu’elle est davantage portée à analyser une situation sous différents angles et à faire intervenir aussi bien la raison que les émotions dans son raisonnement », d’expliquer Ruben Gur. Le cerveau de l’homme, pour sa part, comporte plus de matière blanche, laquelle contient des fibres de neurones inhibiteurs responsables, localement, du traitement des informations. Cela pourrait expliquer pourquoi les hommes arrivent à se concentrer sur une seule tâche et — ce qui peut devenir exaspérant — à faire totalement abstraction du reste. C’est ainsi qu’ils parviennent à canaliser leur attention sur un jeu électronique pendant que le téléphone sonne, que le bébé pleure et que le rôti calcine dans le four. Mais ne leur demandez pas de se peigner tout en faisant la conversation ! D’autres chercheurs ont également souligné le fait que les différences structurelles du cerveau n’étaient pas étrangères à la sensibilité plus grande de la femme aux odeurs fortes et aux bruits intenses, et pourquoi les hommes arrivent à écouter la radio et la télévision à tue-tête, mais qu’ils ne sentiront pas l’odeur du morceau de brocoli en train de moisir derrière le radiateur. Pour en savoir davantage sur le sujet, visitez le |
