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Des protubérances faciles à traiter par chirurgie Pam Harrison
Ce n’est donc que cinq mois plus tard que Robin a été opéré pour son hernie, à l’Hôpital Shouldice de Thornhill en Ontario, qui doit son nom au Dr Edward Earl Shouldice, un médecin qui a mis au point, dans les années quarante, un procédé complexe, mais fiable, pour soigner les hernies. En dépit du fait que Robin mène une vie active, fortement axée sur le sport, il n’a plus jamais eu le moindre problème après son opération. L’hernie : un problème presque exclusivement masculin Sur 25 personnes hospitalisées à Shouldice, on ne compte qu’une seule femme. C’est l’anatomie masculine qui est responsable de cette situation. Pendant que le fœtus mâle se développe dans l’utérus maternel, les testicules doivent passer de l’intérieur de la cavité abdominale, le long d’un canal, jusqu’au scrotum situé à l’extérieur. Habituellement, le passage se referme de lui-même après la descente des testicules, mais s’il ne le fait pas, le tissu abdominal et d’autres organes peuvent parfois sortir par l’ouverture de ce canal et provoquer une protubérance à l’aine (hernie inguinale), soit l’endroit le plus fréquemment touché par les hernies. Autres régions du corps sujettes aux hernies Une hernie peut aussi apparaître dans la région du nombril (hernie ombilicale), au diaphragme, là où la partie supérieure de l’estomac rejoint l’œsophage (hernie hiatale ou épigastrique), dans le haut d’une cuisse (hernie fémorale) et à l’endroit d’une incision chirurgicale ou de la cicatrice d’une blessure antérieure (hernie cicatricielle ou incisionnelle). Enfin, comme son nom l’indique, on appelle hernie congénitale celle qui résulte d’une anomalie congénitale. Les pressions abdominales favorisent les hernies Le fait d’éternuer, de tousser ou de soulever un objet lourd peut exercer une pression sur l’abdomen. Si cette pression est suffisamment importante, les tissus abdominaux peuvent s’affaiblir ou se déchirer, ce qui les amènera à sortir de la paroi abdominale, tout comme une chambre à air surgissant de la paroi extérieure d’un pneu fendu. Les procédés utilisés On peut opérer une hernie en pratiquant une incision sous anesthésie générale ou locale. L’intervention peut également se dérouler sous laparoscopie, c’est-à-dire au moyen d’un tube chirurgical que l’on insère dans le corps par des incisions. Dans les cas les plus simples, les organes sont remis en place et les muscles recousus ensemble (herniorraphie). Mais dans la plupart des cas, les chirurgiens doivent recourir à un filet pour maintenir en place la paroi abdominale (hernioplastie). On appelle Lichtenstein la technique chirurgicale du filet la plus ancienne, qui consiste à coller un filet de renforcement à l’extérieur de la paroi affectée par l’hernie, comme si on fixait une pièce à l’extérieur d’un tonneau abîmé pour empêcher les fuites. Sous la pression interne, cependant, il peut arriver que le filet, fixé à l’extérieur, se détache. « Mais les patients ont maintenant la possibilité de choisir des filets de renforcement ultralégers, comme le dispositif de traitement des hernies Ultrapro, que les chirurgiens peuvent installer là où ils seront les plus efficaces, c’est-à-dire à l’intérieur de la paroi abdominale », d’expliquer le Dr Fred Brenneman, directeur médical du Centre de traumatisme Tory du Centre des sciences de la santé de Sunnybrook à Toronto. Le filet ultraléger est doté de rabats qui s’étendent au-delà des limites de l’hernie, permettant ainsi de répartir la pression interne et de réduire les risques de récurrence. Un autre dispositif, fabriqué aussi par Ultrapro, bloque l’hernie comme le ferait un bouchon et comporte lui aussi des rabats pour répartir la pression le long de la zone herniaire. Toutes ces chirurgies qui recourent à des filets de renforcement sont réalisées sous anesthésie locale dans le cadre d’une hospitalisation d’un jour. La technologie de Shouldice, pour sa part, se fait habituellement sous anesthésie locale et est plus complexe que les procédés chirurgicaux habituels. L’opération consiste à coudre ensemble les propres muscles et ligaments du patient plutôt qu’un filet de renforcement pour maintenir en place la paroi abdominale. « Ces tissus étant mobiles et solides, ils peuvent s’étirer sans créer de tension », nous explique le Dr Michael Alexander, chirurgien en chef à l’Hôpital Shouldice. La tension peut représenter un problème, car elle rend la fermeture de l’incision difficile et peut entraîner des complications telles que des douleurs persistantes. » La durée de l’hospitalisation est d’environ deux jours. |
