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Dr Robert Ouellet
Son éditorial faisait suite au Sommet sur la santé des enfants, organisé par l’AMC au printemps 2007 en collaboration avec la Société canadienne de pédiatrie et le Collège des médecins de famille du Canada. Ce sommet a donné naissance à la Charte canadienne de la santé des enfants et des jeunes et au Défi santé des enfants et des jeunes. Dans ces déclarations, l’AMC affirme que tous les enfants devraient avoir accès aux meilleures conditions de vie possibles dès le début de leur existence, y compris à la chance de grandir et de se développer dans un environnement sécuritaire, où ils trouveront l’appui nécessaire à leur bien-être. L’AMC est d’avis que les éléments qui permettront aux enfants, plus tard, de réaliser pleinement leur potentiel doivent comprendre une eau et un sol propres, d’excellents soins prénataux et pédiatriques, une nutrition saine et de bonnes conditions d’apprentissage dès la petite enfance. L’AMC concentre son attention sur la période comprise entre la conception et les cinq premières années de vie, car c’est durant cette phase critique que les médecins peuvent intervenir avec le plus d’efficacité. Des études récentes confirment, d’ailleurs, le rôle crucial de cette période dans le développement de l’enfant. Mais pourquoi l’AMC insiste-t-elle autant sur cette question ? Après tout, la majorité des enfants canadiens ne grandissent-ils pas dans un environnement sain ? Si seulement c’était vrai ! En réalité, en comparaison avec les autres pays industrialisés, le Canada occupe un rang peu enviable lorsqu’il s’agit de la santé et du bien-être des enfants et des jeunes. Par exemple, le Canada se classe au 21e rang en ce qui a trait au bien-être des enfants, au 27e rang en ce qui concerne l’obésité et au 22e rang pour la prévention des blessures et des décès chez les enfants. C’est pour toutes ces raisons que l’AMC veut passer à l’action et que je souhaite mettre le grand public au fait de la situation. Notre engagement envers la santé de nos enfants a été renforcé durant le Congrès annuel 2008 de l’AMC, en août, lors de l’adoption par le « Parlement de la médecine canadienne » de plusieurs résolutions visant à améliorer la santé des enfants pendant les premières années de leur vie. Les délégués ont demandé au gouvernement fédéral de créer un Bureau national de la santé des enfants, dirigé par un conseiller national. Ils ont également réclamé du gouvernement canadien la mise en œuvre d’une stratégie nationale sur la santé laissant une grande place au développement de l’enfant. D’autres résolutions concernaient l’intervention urgente des gouvernements dans la promotion de la vaccination des enfants et la participation du gouvernement fédéral dans la recherche sur les répercussions des toxines environnementales sur la santé des enfants. L’AMC a la conviction profonde que les piètres résultats obtenus par le Canada en matière de santé des enfants devraient faire l’objet d’une attention particulière de la part des politiciens et des planificateurs, lesquels se sont acquittés avec médiocrité de leur tâche en ce qui concerne la coordination des programmes de santé des enfants tant à l’échelle provinciale que fédérale. Parce que les premières années de la vie jouent un rôle crucial dans de nombreux aspects du développement de l’enfant, il est temps pour nous de reconnaître que nous ne protégeons pas suffisamment la santé des très jeunes enfants et de prendre les mesures qui s’imposent pour remédier à cette situation fort préoccupante. |
