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Pat Rich
Récemment, j’ai passé plusieurs heures dans la salle d’urgence de l’Hôpital d’Ottawa à feuilleter des magazines, dont une édition de Santé canadienne, en attendant que le personnel surchargé puisse enfin s’occuper de moi.
Sensibilisé, de par ma profession, au domaine des soins de santé, j’étais déjà bien renseigné sur les causes possibles de ces maux de tête. Et comme j’ai accès en tout temps aux meilleures sources d’information sur la santé, y compris à l’aide d’Internet, la liste des maladies associées aux maux de tête n’a pas été bien difficile à débusquer. De l’AVC à la méningite, les pires scénarios étaient alarmants. Le verdict, en fin de compte, s’est révélé assez banal : maux de tête causés par la déshydratation. Les douleurs d’une incroyable complexité associées à ces maux de tête, en dépit du grand intérêt que je leur portais, ne permettaient pas d’établir un diagnostic. C’est finalement grâce aux questions savamment posées par les infirmières, l’interne et l’urgentologue que l’on a pu connaître l’origine de mes douleurs, facilement confirmée par une analyse d’urine. Cette visite à l’urgence m’a permis de mesurer davantage le rôle que jouent l’expérience et la compétence du personnel médical dans l’établissement d’un diagnostic. Cela m’a également renforcé dans ma conviction que le diagnostic doit toujours être confié aux professionnels de la santé, ceux-ci étant formés pour poser les bonnes questions et tirer des conclusions en fonction des réponses obtenues. Le 21e siècle a vu naître une tendance de plus en plus répandue dans la population, qui se traduit par le désir de jouer un rôle actif dans les soins de santé qui sont prodigués, tant à nous-mêmes qu’à nos proches. Grâce à Internet, nous avons accès aujourd’hui aux mêmes renseignements médicaux de pointe et aux mêmes résultats de recherche que les professionnels de la santé. Soucieux de connaître la nature exacte de nos maladies, nous voulons consulter notre dossier médical. Et enfin, nous souhaitons devenir partenaires de notre médecin et des autres professionnels de la santé, de manière à pouvoir prévenir la maladie et, en cas de problèmes de santé, à profiter des meilleurs soins possible. Toutefois, à moins d’être un médecin soi-même, nous n’avons pas la formation nécessaire pour poser un diagnostic sur nos malaises, ni la compétence pour déterminer, à partir de nos propres symptômes, s’il s’agit d’une maladie plutôt que d’une autre. Les médecins, pour leur part, examinent des centaines de patients, chez qui ils observent souvent les mêmes symptômes : fièvre, maux de tête, douleurs à l’estomac, etc. Ils savent exactement quelles questions poser pour réduire le champ de recherche et établir le diagnostic approprié. Grâce à un tableau complet des antécédents médicaux du patient, à une évaluation minutieuse des symptômes et, quand la situation l’exige, aux tests de laboratoire appropriés, les médecins sont en mesure de poser un diagnostic précis dans la grande majorité des cas. Bien sûr, il existe des maladies rares qui sont plus difficiles à diagnostiquer. Il peut arriver aussi que le médecin fasse fausse route et qu’il doive orienter sa recherche dans une autre direction, ou encore que plusieurs séries de tests soient nécessaires à l’établissement du diagnostic définitif. Si votre corps vous donne des signes d’alarme, consultez un médecin pour connaître la nature de votre mal. Tous les praticiens vous diront qu’il n’est pas sage d’établir soi-même un diagnostic. Vous n’avez qu’à penser à l’étudiant en médecine qui a la conviction soudaine d’être atteint d’une maladie rare et mortelle après avoir étudié cette même maladie dans les jours qui ont précédé! |
