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En hiver, l’asthme a tendance à s’aggraver au contact de l’air extérieur, froid et sec, et de la sécheresse souvent extrême à l’intérieur de nos maisons. Un contrôle quotidien s’impose. Sheldon Gordon Quand il fait froid à Prince George, il fait froid! Mary Lu Spagrud et son fils Liam, huit ans, habitent cette petite ville nordique de la Colombie-Britannique. Pour affronter les rigueurs hivernales, ils enfilent leurs vêtements les plus chauds, y compris des cagoules faites maison pour se protéger le visage. « Chaque année, nous rechignons un peu, mais bon… » Peut-être avez-vous deviné la raison pour laquelle Mary Lu et Liam prennent de telles précautions? Ils souffrent tous les deux d’asthme provoqué par l’exercice physique, un état qui a tendance à s’aggraver quand leurs bronches entrent en contact avec l’air, froid et sec, durant la saison hivernale. « Je me souviens de cette pénible sensation de brûlure dans mes voies respiratoires. C’était très douloureux et je devais faire des efforts énormes pour respirer », se rappelle Mary Lu. Grâce à une médication adéquate, Mary Lu et son fils peuvent maintenant prévenir les violentes crises d’asthme qui entraînaient autrefois une hospitalisation d’urgence. Mary Lu, qui a perdu près de 60 kilos depuis deux ans et demi, peut maintenant pratiquer des sports d’équipe. Rien à voir avec l’époque où, enfant, il suffisait d’une courte promenade en vélo pour qu’elle soit à bout de souffle. Mais malgré toutes leurs précautions, Mary Lu et Liam savent qu’ils devront faire face à au moins une crise d’asthme cet hiver, causée par la fragilité de leur système respiratoire. Des chiffres à couper le souffle Mary Lu et Liam comptent parmi les quelque trois millions de Canadiens (entre 7 et 10 % de la population) qui ont reçu un diagnostic d’asthme. Bien que l’on puisse contrôler les symptômes de cette maladie, 60 % des Canadiens qui souffrent d’asthme négligent de consulter leur médecin à ce sujet. Chaque année, les crises d’asthme entraînent l’admission de 146 000 personnes dans les salles d’urgence de nos hôpitaux. De ce nombre, 500 adultes et 20 enfants succomberont à leurs symptômes, et ce, même si 80 % de ces décès auraient pu être évités. Gravité des symptômes « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la gravité d’une crise d’asthme n’est nullement liée à la sévérité de l’état asthmatique », d’expliquer le Dr Mark Greenwald, professeur adjoint de médecine à l’Université de Toronto et directeur du comité scientifique et médical de la Société canadienne de l’asthme. « Tous les asthmatiques peuvent être victimes d’une grave crise d’asthme, peu importe que leur asthme soit léger, modéré ou sévère. » C’est le dosage et le type d’intervention nécessaires au soulagement des symptômes qui déterminent la gravité d’un état asthmatique. Bien que la fréquence des crises d’asthme ne soit pas plus forte en hiver qu’en toute autre saison, la gravité des symptômes a tendance à être plus importante pendant la saison hivernale. « L’air froid et sec, même inhalé par une personne non asthmatique, peut provoquer un resserrement des voies respiratoires », de dire le Dr Greenwald. « Le système respiratoire des personnes asthmatiques, parce qu’il est hypersensible, réagit plus facilement à ce type d’irritant. » L’asthme chez les enfants
Les effets de l’asthme L’asthme est une maladie respiratoire chronique qui touche le réseau de passages minuscules qui permettent l’échange d’air dans les poumons. Quand une personne asthmatique entre en contact avec un irritant (déclencheur), les muscles qui enserrent les bronches se contractent, provoquant alors le rétrécissement des voies bronchiques. La paroi interne des bronches s’enflamme et commence à enfler, laissant échapper parfois un mucus épais et collant (le phlègme), ce qui a pour effet de rétrécir davantage les voies bronchiques. Surviennent alors les sifflements et la détresse respiratoire qui risquent de mettre la vie du malade en danger.
Selon les chercheurs, ce sont les personnes prédisposées à l’asthme qui développeront la maladie. Mais pour cela, elles doivent d’abord être en contact avec un irritant susceptible de provoquer les symptômes. De l’avis du Dr Greenwald, les personnes asthmatiques devraient prendre des mesures plus rigoureuses pour limiter leur exposition aux irritants, en pratiquant une meilleure gestion de leur environnement. Par exemple, pour nous débarrasser des acariens, les allergologues nous recommandent des oreillers et des matelas dotés d’une enveloppe anti-acariens. « Malheureusement, 90 % des enveloppes pour oreillers et matelas disponibles sur le marché ne sont pas à l’épreuve de ces petits arachnides », de déplorer Mark Greenwald. La gestion efficace de l’asthme Rien ne peut guérir l’asthme, mais il existe des médicaments conçus pour en atténuer les symptômes :
Comme son nom l’indique, le bronchodilatateur « de secours » ou « à effet rapide » soulage les symptômes avant qu’ils ne s’aggravent. La plupart des médicaments dits à effet rapide ont une action de courte durée, leur rôle se limitant à détendre les muscles qui enserrent les bronches afin de faciliter la respiration. Les inhalateurs d’entretien, pour leur part, prennent différentes formes. Il peut s’agir de médicaments de contrôle, d’anti-inflammatoires, de bronchodilatateurs à action prolongée ou de corticostéroïdes inhalés. Utilisés au quotidien, ces inhalateurs aident à prévenir les symptômes et l’inflammation en prévenant, réduisant et résorbant l’enflure dans les poumons et les voies respiratoires. Ils sont aussi conçus pour enrayer la production de mucus, de manière à dégager les voies respiratoires. Avec le temps, les inhalateurs d’entretien peuvent réduire la sensibilité des voies respiratoires aux différents déclencheurs de l’asthme. Les médicaments de ce type ne sauraient apaiser les symptômes d’une crise d’asthme, mais leur usage quotidien peut aider à réduire le nombre de crises. C’est pourquoi plusieurs asthmatiques ont recours aux deux types de médicaments. « Quelques nouveaux médicaments contre l’asthme sont actuellement à l’étude », nous dit le Dr Pierre Ernst, pneumologue à l’Hôpital général juif de Montréal. « Nous disposons déjà d’excellents médicaments contre l’asthme. Le problème est qu’ils ne sont pas utilisés adéquatement. Les médicaments actuels peuvent contrôler les symptômes et permettre à 95 % des asthmatiques de mener une vie normale. « Malheureusement, moins de la moitié des patients utilisent ces médicaments convenablement. En réalité, le problème réside dans la gestion du traitement, une situation qui concerne autant les patients que les médecins », d’expliquer le Dr Ernst. Les traitements non conventionnels Environ la moitié des patients asthmatiques ont opté pour une forme ou une autre de traitement non conventionnel. Les effets bénéfiques de la majorité d’entre eux ne sont pas encore prouvés, à l’exception de la méthode Buteyko — une série d’exercices de respiration visant à contrôler l’hyperventilation par la respiration nasale, la rétention du souffle et la relaxation — dont l’efficacité, pour le soulagement des symptômes asthmatiques, a été clairement prouvée lors de tests de contrôle. Selon l’édition 2009 (mise à jour) du Guide britannique de gestion de l’asthme, la technique Buteyko peut contribuer à réduire les symptômes, mais cela exige une grande persévérance de la part des patients, qui doivent se soumettre pendant des semaines, voire des mois, à des séances d’exercices quotidiens. Toutefois, la persévérance est justement ce qui semble faire le plus défaut aux patients asthmatiques, qui sont nombreux à interrompre leur traitement dès que les symptômes s’atténuent ou disparaissent. Malheureusement, un tel comportement favorise la réapparition de l’inflammation sous-jacente et ouvre la voie à une nouvelle crise d’asthme », d’expliquer le Dr Greenwald. Le spécialiste ajoute que ces patients refusent de considérer leur maladie comme chronique, alors qu’ils devraient, au contraire, lui accorder la plus grande attention. C’est exactement l’attitude adoptée par Mary Lu Spagru, dont les efforts ont porté fruit. Elle a utilisé Symbicorot, un médicament d’entretien qui combine un corticostéroïde et un bronchodilatateur qui joue un rôle préventif. « Le plus important pour moi, en hiver, est d’utiliser mon bronchodilatateur avant de faire de l’exercice ou de sortir », dit-elle. « Quand j’étais enfant, on devait me conduire d’urgence à l’hôpital, mais depuis que je suis adulte, je n’ai heureusement jamais eu de crises d’une telle intensité. » Pour obtenir plus de renseignements sur l’asthme, visitez le site Internet de l’Association pulmonaire du Québec au www.pq.poumon.ca et
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