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Médicaments puissants : un sujet chaud David Stubbs
Irrigué par un flux sanguin abondant, le pénis est un organe constitué de muscles qui dépend, pour se gorger de sang, des systèmes nerveux, endocrinien (hormonal) et circulatoire, en plus de plusieurs facteurs d’ordre émotionnel. Selon le Conseil canadien sur la santé sexuelle de l’homme, environ 52 % des hommes âgées de 40 ans à 70 ans — soit le tiers des hommes sexuellement actifs — éprouvent à un moment ou à un autre de leur vie des problèmes d’érection. Le stress, la fatigue, l’anxiété, un moment inopportun et la prise de médicaments (voir Les médicaments et le dysfonctionnement érectile, p. 33) peuvent perturber temporairement les performances sexuelles masculines. Toutefois, si le problème persiste pendant plus de trois mois, on posera un diagnostic de dysfonctionnement érectile. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le Conseil canadien sur la santé sexuelle de l’homme définit le dysfonctionnement érectile comme « une incapacité persistante à obtenir ou à maintenir une érection suffisante pour avoir des rapports sexuels satisfaisants. » « Pour la majorité des hommes, le problème se règle facilement », d’affirmer l'urologue, qui recommande fortement aux hommes qui éprouvent des difficultés érectiles de consulter un médecin sans délai. Malheureusement, ceux qui ne parviennent pas à obtenir et à maintenir une érection tardent, généralement, à consulter et sont enclins à éviter les relations intimes. « Les femmes, pour leur part, ont tendance à se blâmer pour les difficultés éprouvées par leur conjoint. Souvent, le découragement de leur conjointe incite les hommes à consulter », d’explique le Dr Lee. « On estime que seulement 10 % à 20 % des hommes souffrant de dysfonctionnement érectile osent confier ce problème à leur médecin », de dire Jay C. Lee. Un phénomène qui a de quoi inquiéter, puisque le dysfonctionnement érectile est souvent lié à de graves problèmes de santé, comme le diabète ou les maladies cardiaques et vasculaires. L’Association des urologues du Canada estime d’ailleurs que le dysfonctionnement érectile — qu’il soit seul ou accompagné par d’autres problèmes de santé — ne fait pas nécessairement partie du processus normal de vieillissement. Pour illustrer son propos, le Dr Lee nous donne l’exemple de l’un de ses patients, à qui nous donnerons le nom de Tom. L’urologue a soigné cet homme de 50 ans — qui présentait un léger embonpoint et qui souffrait de diabète et d’hypertension — pour une hypertrophie de la prostate, un problème étroitement associé au dysfonctionnement érectile. Tom n’avait jamais osé confier à son médecin de famille qu’il n’avait pas de rapports sexuels depuis cinq ans avec sa conjointe. Il a avoué au Dr Lee qu’il éprouvait une gêne plus grande à parler de ses difficultés érectiles qu’à subir un examen de la prostate au moyen du toucher rectal. Heureusement, pour Tom, la simple prise d’un médicament sécuritaire a suffi pour rétablir ses fonctions érectiles et lui permettre de mener à nouveau une vie sexuelle active. À l’instar de Tom, rares sont les hommes qui sont à l’aise d’aborder un tel sujet avec leur médecin de famille; une situation qui, bien sûr, n’a rien pour favoriser une intervention précoce de la part du praticien. Selon le Dr Lee, le Conseil canadien sur la santé sexuelle de l’homme a révélé qu’une grande majorité de médecins (90 %) estiment que cette responsabilité revient au patient d’aborder le problème du dysfonctionnement érectile avec son médecin. Les patients, quant à eux, croient dans une proportion de 87 % que cette responsabilité revient plutôt au médecin. Bien que les problèmes relationnels, la dépression et les médicaments puissent favoriser le dysfonctionnement érectile, de nombreux cas sont attribuables à l’hypertension, à l’artériosclérose, au diabète ainsi qu’à la chirurgie et à la chimiothérapie associées au cancer de la prostate. Les autres problèmes de santé normalement associés au dysfonctionnement érectile sont : un taux de testostérone insuffisant, une lésion de la moelle épinière ou du bassin ou encore une maladie du système nerveux central, comme la sclérose en plaques, le Parkinson et les complications liées à l’AVC. Mais qu’importe la pathologie à l’origine du dysfonctionnement, « les hommes sont toujours soulagés de connaître la cause exacte de leurs difficultés », d’affirmer l’urologue. Le tabagisme peut, lui aussi, favoriser le dysfonctionnement érectile. Santé Canada, toutefois, nous apprend que si l’impuissance est un problème deux fois plus fréquent chez les fumeurs — la cigarette est en effet reconnue pour réduire le flux sanguin dans le pénis —, cesser de fumer peut permettre de recouvrer de façon complète, ou du moins partielle, ses fonctions érectiles. À cet égard, Jay C. Lee préconise un régime de vie qui favorise la santé cardiaque, comme une alimentation saine, des activités physiques régulières et, dans le cas des hommes qui fument, l’abandon du tabac. Il y a une dizaine d’années, de nouveaux médicaments ont fait leur apparition sur le marché : les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE-5) dont le rôle est de bloquer une enzyme dans le pénis. Ce traitement a pour but d’améliorer la dilatation vasculaire pénienne et de permettre une circulation sanguine suffisante pour provoquer une érection pendant la stimulation sexuelle. Ces médicaments, bien connus aujourd’hui, portent les noms de Viagra, Cialis et Levitra. Des études ont démontré que 70 % à 75 % des hommes qui en ont fait l’essai (50 % à 60 % d’entre eux souffrent de diabète) ont réagi favorablement. Évidemment, les résultats peuvent différer selon le médicament prescrit et la dose recommandée, mais de façon générale, une pilule suffit à détendre, pendant 4 à 36 heures, les cellules musculaires qui tapissent les vaisseaux sanguins du pénis. Toutefois, le prix de ces médicaments est assez élevé, puisqu’il en coûte en moyenne 15 $ pour un seul comprimé. Les effets secondaires les plus répandus des inhibiteurs de la PDE-5 sont : les bouffées de chaleur congestives, les maux de tête, la congestion nasale, la somnolence et les maux d’estomac. De plus, un suivi médical des plus serrés s’impose pour les patients souffrant de maladies cardiovasculaires, et, dans tous les cas, la supervision médicale est de rigueur. Les nitrates, comme la nitroglycérine prescrite dans le traitement de l’angine, sont absolument contre-indiqués chez les hommes soignés pour un dysfonctionnement érectile, car l’interaction des deux médicaments peut provoquer d’importantes chutes de la tension artérielle. Parfois, d’autres médicaments doivent s’ajouter aux inhibiteurs de la PDE-5 pour rétablir les fonctions érectiles du patient. Le Dr Lee précise que ces médicaments sont nombreux, allant des suppléments de testostérone jusqu’à l’injection de dilatateurs vasculaires, en passant par les pompes à pénis et les prothèses péniennes gonflables ou rigides. Hélas, les médicaments et les prothèses ne règlent pas tout. Dans de nombreux cas, il faut aussi faire preuve de beaucoup de patience. « On ne fait pas l’amour à 50 ans comme on le faisait à 29 ans », nous dit le Dr Lee. À 50 ans, il faut prendre le temps de mieux communiquer et de s’attarder davantage aux préliminaires. L’éjaculation aussi nécessitera plus de temps. Grâce aux inhibiteurs de la PDE-5, des relations sexuelles fréquentes pourraient redonner aux fonctions érectiles la qualité qu’elles avaient avant que survienne le dysfonctionnement. Mais il est faux de croire que ces médicaments peuvent rendre à un homme l’appétit sexuel insatiable de sa jeunesse et qu’ils lui permettent de faire fi des préliminaires dans une relation sexuelle », de dire le Dr Lee. L’urologue réfute également l’efficacité de certains produits naturels à base de végétaux, comme l’herbe aux goutteux ou le chou palmiste. Le Dr Lee, à l’instar de Santé Canada, met les hommes en garde contre l’achat de médicaments non réglementés qui sont fabriqués à l’étranger dans des conditions souvent douteuses. Pour le consommateur, il est impossible de faire l’évaluation, avant l’achat, de la fiabilité, de la sécurité et de l’efficacité de produits comme Eros Fire, Ju Wang, Firm Dose, Granite Rooster et Rize 2 The Occasion. « De tels produits, de poursuivre l’urologue, peuvent contenir des substances dangereuses (de la peinture au latex et de l’arsenic, par exemple) et des rumeurs circulent à l’effet qu’ils auraient un rendement sur le marché plus élevé que l’héroïne !
Anatomie d’une érection De chaque côté du pénis, deux cavités spongieuses se prolongent sur toute la longueur. Ces cavités, que l’on désigne sous le nom de corps caverneux, comportent un muscle mou, des tissus fibreux, des espaces vides ainsi qu’un réseau de veines et d’artères. Les corps caverneux sont également entourés d’une membrane appelée tunique albuginée. Courant le long de la partie inférieure des corps caverneux se trouve l’urètre, le canal par lequel le sperme et l’urine sont propulsés à l’extérieur du corps.
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