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De beaux souvenirs d’autrefois ?
Au Canada, en 1910, la rougeole, la coqueluche et les maladies diarrhéiques, d’une fréquence inquiétante et souvent mortelles, faisaient des ravages chez les enfants. À Montréal, le taux de mortalité infantile chez les enfants de moins d’un an était de 375 sur 1000 naissances. À Ottawa, capitale du Canada, ce taux était plus bas, soit de 250 décès sur 1000 naissances. Aujourd’hui, le taux de mortalité infantile au pays n’est plus que de 5 décès sur 1000 naissances. En 1950, les patients assis dans la salle d’attente de leur médecin avaient toutes les chances de respirer de la fumée de cigarette, puisque 60 % des Canadiens adultes fumaient à cette époque. C’est d’ailleurs cette année-là que des médecins britanniques ont établi pour la première fois une corrélation entre le tabagisme et le cancer du poumon. Aujourd’hui, le pourcentage de fumeurs n’est plus que de 18 % et l’usage du tabac est maintenant interdit dans les édifices publics partout au Canada. Remontons maintenant le temps jusqu’en 1920. D’après Statistique Canada, en 1920, un bébé de sexe féminin pouvait espérer vivre jusqu’à 61 ans, comparativement à 59 ans pour un enfant de sexe masculin. En 2010, il en va tout autrement : un bébé de sexe féminin a une espérance de vie de 83 ans et un poupon de sexe masculin, de 78 ans. Une augmentation de 30 % en moins d’un siècle ! Comment de tels progrès ont-ils été rendus possibles ? D’abord, la vaccination de masse a joué un rôle crucial en permettant l’élimi nation de maladies infectieuses comme la variole, la rougeole, les oreillons et la poliomyélite. De plus, grâce à la recherche médicale, nous avons été témoins de progrès considérables dans le traitement de maladies comme le diabète et l’hypertension et nous avons pu réduire de façon spectaculaire les décès prématurés attribuables aux maladies cardiaques. Notre qualité de vie, au fur et à mesure que nous vieillissons, s’est améliorée grâce à l’évolution des techniques chirurgicales, comme le remplacement de la hanche et du genou. Le dépistage du cancer, son traitement précoce et la survie des patients ont eux aussi contribué de façon spectaculaire à l’augmentation de l’espérance de vie. Dans ma pratique familiale à Saskatoon, j’ai été le témoin privilégié d’un grand nombre de ces progrès de la médecine. J’ai aussi pu constater une autre transformation remarquable, pour laquelle vous pouvez être fiers. De nos jours, mes patients sont nombreux à avoir pris leur santé en main, chose très rare dans les débuts de ma pratique. Par exemple, plusieurs ont opté pour une alimentation plus saine et pour un mode de vie qui fait davantage place à l’exercice physique. Ces personnes jouent maintenant un rôle actif dans le maintien de leur santé. De plus, les patients d’aujourd’hui prennent la peine de se renseigner. Ils posent des questions et travaillent de concert avec leur médecin pour que les décisions soient prises en toute connaissance de cause. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire, tant du côté des patients que des médecins. L’obésité est un grave problème pour notre société. À moins qu’elle ne soit contrôlée, elle risque d’avoir à long terme des répercussions dramatiques sur notre système de santé. Les maladies mentales, un autre problème répandu, constituent elles aussi une pénible réalité. Toutefois, à cause des préjugés dont sont victimes les personnes qui en souffrent, elles sont, hélas, trop souvent occultées. Tous les médecins de famille vous le diront : la santé mentale représente un défi croissant pour la communauté médicale. Malgré tout, nous avons parcouru beaucoup de chemin et réalisé des progrès inouïs au cours du siècle dernier. En qualité de médecin, je ne peux qu’en espérer autant pour le siècle à venir. Bon été à tous et toutes. Que la sécurité et la santé vous accompagnent durant la belle saison. Dre Anne Doig |
