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Il existe des moyens pour vous protéger contre la maladie d’Alzheimer Pauline Anderson Comme toutes les mamans d’aujourd’hui, vous êtes probablement très occupée à vaquer à vos occupations professionnelles et personnelles, à reconduire vos ados à leurs matchs de hockey et à faire des emplettes pour votre mère âgée. En fille dévouée et attentionnée que vous êtes, vous encouragez votre mère de 75 ans à faire de l’exercice, à manger sainement et à consulter son médecin régulièrement. Il est important que votre mère consulte un professionnel de la santé, en particulier si son intérêt pour ses passe-temps favoris diminue, si elle pose souvent les mêmes questions et répète les mêmes histoires, s’il lui est difficile d’apprendre à utiliser de nouveaux appareils, si elle oublie quel jour on est, si elle range les objets à des endroits inhabituels, si elle n’arrive plus à gérer ses finances personnelles ou si elle oublie ses rendez-vous. Il y a, en effet, des signes précurseurs de la maladie d’Alzheimer et des autres formes de démence. Au fur et à mesure que la population vieillit, les familles de partout au pays seront confrontées à une augmentation des cas d’affaiblissement des facultés intellectuelles. À ce jour, quelque 500 000 Canadiens souffrent de la maladie d’Alzheimer. Ce nombre devrait plus que doubler, pour atteindre le chiffre astronomique de 1,1 million de personnes en l’espace d’une génération. Dans la majorité des cas, la maladie d’Alzheimer n’est pas héréditaire. Mais si vous avez un parent (père ou mère), un frère ou une soeur qui souffre d’Alzheimer, vous courez trois fois plus de risques que la moyenne d’en être vous-même atteint. La vague de démence Alzheimer, surnommée le « tsunami gris », qui menace de déferler sur la population canadienne représente un défi de taille pour les familles. Et comme ce sont les femmes qui, par tradition, prennent soin de leurs proches, ce sont elles qui risquent d’être submergées par elle. Une étude de l’Ins titut canadien d’information sur la santé nous révèle qu’une personne sur six qui s’occupe d’un parent âgé vivra, tôt ou tard, de la détresse. Or, cette proportion a tendance à tripler quand le parent âgé souffre de troubles cognitifs comme dans le cas de la maladie d’Alzheimer. Les conseils suivants, recueillis dans le cadre d’études récentes et auprès de spécialistes, vous aideront — vous et vos parents — à maintenir vos fonctions cérébrales au meilleur de leur forme. Restez physiquement actif
Toute forme d’activité physique vous permettra de ralentir la dégradation de vos capacités cognitives. « Il ne s’agit pas de courir un kilomètre en moins de deux minutes, mais de vous adonner régulièrement à des exercices modérés », nous explique le Dr Jack Diamond, directeur scientifique émérite de la Société Alzheimer du Canada à Toronto. Il n’y a pas que la marche et l’aérobie qui soient bénéfiques. L’entraînement avec des poids peut, lui aussi, se révéler efficace. Et il n’est pas essentiel non plus que l’activité soit d’une grande intensité. Tout exercice qui favorise la circulation du sang et de l’oxygène — même s’il se limite à bouger les jambes ou à soulever les bras — aura des effets bénéfiques. « Il se peut que l’activité physique augmente le nombre de circuits dans le cerveau, mais il se peut aussi qu’une simple activité sociale agréable ou un avantage lié à l’activité physique, par exemple une réduction du taux de cholestérol ou une amélioration de l’humeur, auront, eux aussi, des effets positifs sur vos fonctions cérébrales », nous dit le Dr Jane Rylett, spécialiste en neurobiologie moléculaire à l’Université de Western Ontario de London (Ontario), qui étudie les signaux chimi ques utilisés par les cellules cérébrales pour communiquer. Stimulez votre cerveau Les activités qui stimulent les facultés intellectuelles — les mots croisés par exemple — ont des effets positifs sur les fonctions cérébrales. Des chercheurs de l’Université Rush de Chicago ont suivi des religieuses qui avaient rédigé un journal intime et alimenté une corres pondance dans leurs jeunes années. Ils ont découvert que celles dont les structures de phrases étaient les plus élaborées et le vocabulaire le plus développé étaient moins à risque de souffrir de la maladie d’Alzheimer quelques décennies plus tard. Une autre étude réalisée à Londres (Angleterre) sur des chauffeurs de taxi a révélé que ceux qui avaient dû mémoriser un réseau complexe de routes et d’adresses présentaient un risque relativement bas de développer un jour des troubles cognitifs. « Plus nous exploitons notre potentiel cognitif quand nous sommes jeunes, plus nous serons susceptibles de retarder, voire d’empêcher l’apparition des troubles cognitifs en vieillissant », de dire le Dr Rylett. Maintenez vos activités sociales Les recherches ont révélé qu’en offrant aux animaux un environnement riche en défis et en activités, on pouvait augmenter les connexions au cerveau, améliorant du même coup le fonctionnement cérébral. Les activités sociales offrent un milieu tout aussi stimulant aux êtres humains. Aller au théâtre, jouer au bridge, apprendre une nouvelle langue et danser avec des amis vous aideront à maintenir vos fonctions cérébrales à un niveau optimal.
Mangez sainement Nous avons des preuves récentes à l’effet que l’alimentation méditerranéenne aide à préserver les fonctions cérébrales. Un tel régime alimentaire se compose d’huile d’olive, de certains fruits et légumes, noix et légumineuses, mais aussi de poissons renfermant de bons gras et d’une quantité modérée de vin, rouge de préférence. L’alimentation méditerranéenne est associée non seulement à une dégradation plus lente des fonctions cognitives, mais aussi à un risque réduit que ces pertes progressent jusqu’à la détérioration maximale qui caractérise la maladie d’Alzheimer. Envisagez la prise de suppléments vitaminiques Certaines études laissent entendre que les suppléments de vitamine B, C, D et E pourraient favoriser la santé du cerveau. Selon une récente étude, toutefois, on ne peut en dire autant des suppléments de ginkgo biloba, qui ne procurent aucun bienfait. Consultez votre médecin pour savoir s’il vous conseille la prise de suppléments. Ne salez pas ! Dans le cadre d’une étude réalisée récemment, des chercheurs ont analysé la consommation de sel et le niveau d’activité physique de 1 262 Québécois plus âgés et en santé. Ils ont découvert que les aînés qui ont une alimentation riche en sel et qui mènent une vie sédentaire pourraient être plus à risque de souffrir de troubles cognitifs. « Cette étude nous démontre que le sodium est non seulement néfaste pour le coeur, mais aussi pour le fonctionnement du cerveau », nous apprend le Dr Alexandra Fiocco, professeure agrégée de psychologie biologique à l’Université Ryerson de Toronto. Surveillez votre cholestérol et votre tension artériell « L’hypercholestérolémie et l’hypertension peuvent avoir des répercussions néfastes sur les vaisseaux cérébraux, donc sur la circulation sanguine au cerveau, ce qui peut augmenter vos risques de souffrir d’Alzheimer », d’expliquer le Dr Rylett. Attention aux blessures à la tête Il y a de plus en plus de preuves à l’effet que des lésions cérébrales répétées peuvent accroître les risques de démence. Selon une étude publiée dans le cadre de la Conférence internationale de l’Association Alzheimer de 2011 à Paris, des vétérans militaires âgés ayant subi des lésions au cerveau pendant les combats présentaient deux fois plus de risques de développer une forme de démence. Une autre étude nous apprend que les anciens joueurs de la Ligue américaine de football ont, en comparaison des personnes qui ne sont pas des athlètes, un risque plus élevé de souffrir de troubles cognitifs légers. Maintenez un poids santé L’obésité constitue un facteur de risque de souffrir d’un trouble de la démence. Bonne nouvelle par contre : si vous perdez du poids, la santé de votre cerveau s’améliorera. Dans le cadre d’une étude récente, on a découvert que les personnes obèses ayant subi une chirurgie bariatrique ont manifesté des signes d’amélioration de leurs fonctions mnémo niques. À noter aussi que l’obésité augmente les risques de souffrir de diabète de type 2, une autre maladie associée à la détérioration des fonctions cérébrales. Consultez votre médecin si vous souffrez d’anxiété ou de dépression chroniques Les troubles de l’humeur pourraient vous exposer davantage aux risques d’être touchés par la démence. Les résultats de recherches diffusés lors de la Conférence internationale de l’Association Alzheimer ont démontré que les gens qui évitent le stress, l’anxiété et la dépression sont les moins à risque de pertes cognitives, et cela même s’ils ont été victimes de maladies graves ou de violence. Retournez sur les bancs d’école ! « Les études révèlent constamment qu’un faible niveau d’éducation cons titue un facteur de risque de perte cognitive, bien que la croyance voulant que les personnes peu instrui tes soient exposées à d’autres facteurs de risque comme une mauvaise alimentation et une vie plus sédentaire soit largement répandue », de dire le Dr Diamond. Un tel constat pourrait être lié au fait que des études qui se prolongent sur toute une vie procurent un effet stimulant, nous dit le Dr Rylett. Cela serait lié au fait que les personnes ayant un niveau d’instruction plus élevé ont pris l’habitude de pratiquer des activités qui stimulent les fonctions cérébrales. Ne fumez pas De plus en plus de preuves associent le tabagisme — et même l’exposition à la fumée secondaire — à un risque accru de développer une démence.
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