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Inverse la gingivite en 4 semaines

S.O.S. violence conjugale

Bien souvent, les femmes victimes de violence conjugale ne savent pas où trouver de l’aide, mais le réseau de santé constitue une première ressource accessible.

Wendy Glauser

S.O.S. violence conjugale
©2012 Thinkstock

Marcia casey* a été hospitalisée à maintes reprises avant de prendre la décision de quitter son mari. À une occasion, l’épisode s’est soldé par une fracture au bras; une autre fois, elle a été battue jusqu’à en perdre conscience. Les infirmières étaient au courant de la situation et encourageaient cette patiente à mettre fin à sa relation de couple. « C’était plus facile à dire qu’à faire. J’avais tellement peur qu’il me retrouve! », se rappelle Marcia, 50 ans, qui vit maintenant à Toronto.

Plusieurs décennies ont passé depuis cette pénible expérience. « Aujourd’hui, les ressources sont beaucoup plus nombreuses pour les femmes victimes de violence conjugale », d’affirmer Marcia, qui travaille pour un organisme qui vient en aide aux femmes violentées. « Les professionnels de la santé spécialisés dans ce domaine peuvent apporter une protection immédiate à ces femmes et les aider à planifier leur départ du foyer. Ils peuvent aussi leur les encadrer, les conseiller et les diriger vers d’autres organismes, comme l’aide juridique », d’expliquer Anne Marie Batten, une infirmière diplômée oeuvrant à Street Health, un organisme qui offre des soins de santé aux démunis et aux sans-abris de Toronto.

« Les femmes vont souvent faire appel au système de santé, et la clinique médicale ou l’hôpital deviennent inévitablement une ressource de première ligne pour un grand nombre de femmes violentées », d’expliquer le Dr Rosana Pellizzari, médecin-conseil à l’Unité de santé de la ville et comté de Peter borough. Cette praticienne est également coauteure d’un guide pratique publié par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, qui conseille judicieusement les médecins lors d’interventions dans les cas de violence conjugale. Dans les années où elle exerçait la médecine, Rosana Pellizzari a aidé de nombreuses femmes à quitter leur conjoint violent.

Les professionnels de la santé voient en tout premier lieu à la sécurité immédiate des victimes. Les hôpitaux peuvent offrir aux femmes venues chercher des soins une chambre sécuritaire pour la nuit si la situation l’exige. De plus, tant dans les cliniques que dans les hôpitaux, on désignera une personne pour accompagner la patiente dans un refuge pour femmes violentées. « Dans les cas d’urgence, les cliniques assurent également la confidentialité de la consultation en dirigeant la patiente dans une salle à l’écart du conjoint », d’expliquer Mme Batten.

Lorsque la conjointe n’est pas encore disposée à quitter son conjoint, les professionnels de la santé peuvent lui prodiguer des conseils et lui proposer des ressources susceptibles de lui sauver la vie. « Par exemple, dans certaines cliniques, on remet aux femmes une liste de numéros de téléphone en cas d’urgence ainsi qu’une carte où sont répertoriées d’autres ressources, que la victime peut facilement dissimuler dans sa poche ou, le cas échéant, dans sa chaussure », nous explique le Dr Pellizzari. L’équipe d’Anne Marie Batten aide également les femmes à élaborer un plan de fuite. « Nous leur conseillons de ranger leur contrat hypothécaire, leurs clés et tous les autres documents officiels en lieu sûr, au cas où elles auraient à quitter d’urgence la résidence familiale », de dire Anne Marie Batten.

Malgré le nombre impressionnant de services offerts, plusieurs raisons font que certaines femmes hésitent à parler de la violence dont elles sont victimes dans leur relation de couple ou finissent par demeurer dans une relation violente. « Souvent, les femmes sont persuadées qu’elles s’exposeraient à un danger plus grave en quittant le foyer », de dire le Dr Pellizzari, qui s’empresse de préciser que la période de rupture peut être la plus dangereuse pour la victime de violence. « Sans oublier le fait que le conjoint violent prend parfois les enfants en otage pour intimider sa conjointe, qui n’osera pas quitter le foyer de crainte de perdre ses enfants », d’ajouter le Dr Pellizzari.

Bien que les services juridiques garantissent aux victimes de violence conjugale qu’elles pourront vivre en toute sécurité avec leurs enfants et que les services sociaux les aideront à trouver un emploi et un logement, il est souvent difficile pour ces femmes de voir ce qu’il y a de positif dans ces changements. « Les victimes de violence conjugale ont une faible estime d’elles-mêmes et il leur est difficile par la suite d’accorder leur confiance aux autres », de dire Anne Marie Batten.

Marcia, dont le mari est venu la chercher avec un fusil de chasse après son départ de la maison, est mieux placée que quiconque pour comprendre pourquoi les femmes ont peur de quitter le foyer. Des amis, des collègues de travail et des travailleuses sociales ont permis à Marcia de rester à l’abri de son mari, jusqu’à ce qu’il ne représente plus la moindre menace. Avec le temps, elle a aussi compris que rien ne justifie l’acceptation d’une telle situation de violence. « J’espérais toujours que mon mari change, car il participait à des ateliers sur la gestion de la colère, mais il continuait malgré tout à me battre », ditelle. « Les hommes violents n’en finissent plus de faire des promesses. Ils jurent que c’est la dernière fois, qu’ils ne recommenceront jamais plus. Pendant une certaine période, leur comportement s’améliore, et puis un beau jour, il éclate et la violence reprend de plus belle.»

Il n’y a pas seulement les menaces de mort qui préoccupent les professionnels de la santé. Il faut aussi évoquer les problèmes de santé physique et mentale que la violence conjugale engendre. Les blessures physiques ne guérissent pas toujours; certaines d’entre elles sont permanentes, nous dit le Dr Pellizzari, en se rappelant des tragédies dont elle a été témoin dans sa pratique médicale. « La violence durant la grossesse peut mettre le foetus en danger. » La plus vaste étude réalisée au Canada sur ce sujet nous en fournit un exemple éloquent. Il s’agit du sondage effectué par Statistique Canada sur la violence faite aux femmes, qui nous apprend que les femmes enceintes sont quatre fois plus susceptibles de subir des actes de violence graves que celles qui ne sont pas enceintes. « L’incidence des problèmes de santé mentale — comme la dépression et la toxicomanie — est plus élevée chez les femmes victimes de violence fondée sur le sexe.»

Marcia recommande à tous ceux qui connaissent quelqu’un ou un membre de leur famille victime de violence d’être compatissants à son égard. « Dites-lui que vous ferez tout en votre pouvoir pour l’aider, peu importe ses besoins. » Et le Dr Pellizzari d’ajouter qu’il est important de dire à la victime que « personne ne mérite d’être violenté ». Cela semble l’évidence même, mais dans un contexte de violence verbale permanente, il est facile, pour une femme, de croire qu’elle n’a aucune valeur et qu’elle mérite bien ce qui lui arrive.

Marcia encourage aussi ces femmes à préparer leur départ de la maison et à demander de l’aide à des amis, des collègues et des professionnels de la santé en qui elle a confiance. « Aujourd’hui, j’ai une belle vie et une relation conjugale saine. Mes collègues de travail m’encouragent énormément et j’ai une relation formidable avec ma fille et mes petits-enfants », de dire Marcia. « Il faut du courage pour quitter un conjoint violent, mais cela en vaut vraiment la peine !»

Les femmes violentées qui sont sans ressource peuvent toujours compter sur les professionnels de la santé. Elles trouveront auprès d’eux de judicieux conseils, le soutien dont elles ont besoin ainsi que la plus grande confidentialité.

*Nom fictif


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