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Le stress : Ne le laissez jamais vous paralyser Pat Rich
Je n’ai pas l’habitude de me creuser la tête pour déterminer sur quel sujet portera ma chronique. Il y a tant de choses fascinantes à dire sur les soins de santé d’aujourd’hui et sur ceux qui les prodiguent et les reçoivent que, normalement, les angles éditoriaux sont, de façon générale, faciles à trouver. Pourtant, la préparation de cette chronique s’est révélée stressante, car je n’avais pas de point de repères. Plus tard, en y réfléchissant, je me suis souvenu qu’au moment de rédiger mon article, j’étais confronté à des responsabilités personnelles imprévues qui empiétaient sur mon temps de travail et sapaient toute mon énergie : des obligations financières et des problèmes familiaux. C’est en me posant la question sur les éléments déclencheurs du stress qui apparaissent lorsque nous accomplissons des tâches professionnelles qui nous sont familières que j’ai compris que l’origine du malaise émanait d’un surcroît de problèmes personnels. À cette même période, je travaillais aussi à la rédaction d’un article sur les maux de tête. De nombreuses études indiquent que le stress est l’un des principaux déclencheurs des maux de tête. De plus, quand le stress devient chronique, il peut affecter plusieurs aspects de la santé physiologique et psychologique. Cette découverte décisive sur le stress, nous la devons à un Canadien. Ce Canadien, l’endocrinologue Hans Selye, est un chercheur de réputation internationale qui a travaillé à Montréal pendant 50 ans. Nous devons à ce médecin la découverte du syndrome de stress et de ses effets sur le corps humain. Le Dr Selye est mort en 1982 et il est peu connu à l’extérieur de ce domaine de spécialité dont il fut d’ailleurs l’instigateur. Et pourtant, pendant toute sa carrière, Le Dr Selye a dirigé un institut de recherche, assisté par des douzaines de chercheurs, et son nom a même été soumis à titre de candidat potentiel au prix Nobel. Et pour cause : c’est lui qui a déterminé les effets biologiques des différents facteurs de stress. Dans un document publié après sa mort, le Dr Selye expliquait son concept selon les précepts suivants : « Quand j’ai rédigé mon premier rapport sur le syndrome de stress en 1936, j’ai tenté de démontrer qu’il ne s’agit pas d’un vague concept lié à l’effet décroissant des codes traditionnels du comportement, à une insatisfaction associée au monde qui nous entoure ou à l’augmentation du coût de la vie. Il s’agit plutôt d’un phénomène biologique et médical dont le mécanisme peut être défini objectivement et avec lequel nous pouvons composer beaucoup mieux si vous savons comment le gérer.» En plus d’être un scientifique et un médecin fort respecté, le Dr Selye était aussi reconnu à titre de conférencier réputé et a prononcé de nombreuses conférences sur le stress et sur les moyens de le comprendre et de le gérer. On doit aussi à Hans Selye la rédaction de plusieurs ouvrages, dont Stress sans détresse, paru en 1974. Parmi les notions qu’il a mis en lumière, mentionnons la force positive du stress lorsque nous pratiquons un sport de compétition, que nous donnons un spectacle sur scène ou lorsque nous préparons notre mariage. Un autre des concepts mis de l’avant par Hans Selye est celui-ci : il appartient à chacun d’entre nous de déterminer l’intensité de stress que nous sommes en mesure de supporter. Voici quelques conseils du Dr Selye sur la gestion de notre stress : « Déterminez votre propre niveau de tolérance au stress, soit la vitesse à laquelle vous pouvez atteindre votre but. Assurez-vous que votre niveau de stress et l’objectif que vous visez sont les vôtres et non ceux imposés par la société ou votre entourage. Vous — et vous seul — connaissez vos objectifs et la vitesse à laquelle vous voulez les atteindre. Il ne sert à rien de forcer une tortue à progresser à la vitesse d’un cheval de course et d’obliger un cheval de course à avancer à pas de tortue pour des obligations d’ordre moral. » En d’autres termes, vous pouvez être, par nature, une tortue ou un cheval de course, mais ne laissez jamais la société faire de vous une tortue qui avance au grand galop ou un cheval de course qui se traîne les pattes. Quant à moi, j’ajouterai ceci en guise de conclusion : sachez exactement pourquoi vous êtes stressé. Vous aurez fait alors votre premier pas vers une saine gestion de votre niveau de stress.
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